Lors de réunions de hauts responsable gouvernementaux qui se sont tenues ces derniers jours, le Premier ministre Netanyahu a été mis en garde contre le fossé qui se creuse entres les gouvernements israélien et américain.
Le président Obama est déterminé à parvenir à la création d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967. La vague révolutionnaire dans le monde arabe n’a fait que renforcer son soutien à un Etat palestinien ainsi que sa colère à l’égard de la politique israélienne. Cette semaine s’ouvrira à Bruxelles la réunion des pays donateurs à l’Autorité palestinienne et vendredi, les membres du Quartette, dont les Etats-Unis, devraient publier une déclaration selon laquelle l’Autorité est prête à l’indépendance économique. Entre temps, des pays de l’Union européenne élaborent le texte qui sera soumis en septembre à l’assemblée générale des Nations-Unies et qui ouvrira la voie à la création de l’Etat palestinien et à son acceptation à l’ONU. Or à Jérusalem on estime que le gouvernement américain n’essaie pas de freiner ce processus, voire l’encourage.
Binyamin Netanyahu a rejeté la demande américaine de reconnaître les frontières de 1967 comme base des négociations. Dans les messages qu’il a adressés à Washington, il a expliqué que la question territoriale est la seule monnaie d’échange que possède Israë l et qu’il ne peut pas y renoncer d’avance car cela mettrait en danger la sécurité d’Israë l et renverserait sa coalition gouvernementale.
Tout cela n’a pas convaincu le président Obama qui a fait savoir que, si Netanyahu ne peut évoquer en public sa position quant aux frontières, il peut lui en faire part lors d’une rencontre en tête à tête. Mais dans la crise de confiance actuelle, il est peu probable qu’une telle conversation ait lieu.
Netanyahu doit se rendre à Washington le mois prochain, pour la conférence de l’AIPAC. Le président Obama a prévu à ce moment un déplacement à l’étranger. Une rencontre entre les deux dirigeants est possible mais, dans l’atmosphère actuelle, on peut douter qu’ils la souhaitent.