Plusieurs dizaines de meurtres de civils et de soldats israéliens, d’innombrables tentatives de meurtre et la fabrication d’armes destinées à toucher des cibles dans tout Israë l. Ce ne sont là qu’une partie des chefs d’accusation dont a été inculpé hier l’ingénieur palestinien Dirar Abou Sissi. Agé de 46, l’ingénieur est aujourd’hui détenu en Israë l après avoir été, selon la presse étrangère, enlevé par des agents du Mossad dans un train à destination de Kiev, la capitale ukrainienne.
Selon un haut responsable des services de sécurité israéliens, l’arrestation d’Abou Sissi a permis d’obtenir des informations de grande valeur quant à l’arsenal de roquettes dont dispose le Hamas. « Ce n’est pas un ingénieur innocent qui travaille à la centrale électrique de Gaza mais quelqu’un qui consacrait son temps à développer des armes et des roquettes destinées à tuer des Israéliens  », a-t-il ajouté.
L’acte d’accusation qui a été déposé hier au tribunal de Béer Shéva révèle comment Abou Sissi est devenu un des plus hauts responsables du dispositif militaire du Hamas dans la bande de Gaza, chargé notamment du développement, de la fabrication et de l’amélioration de l’arsenal de roquettes de l’organisation.
Selon le parquet, Abou Sissi est parvenu à faire passer la portée des roquettes Qassam de six à vingt-deux kilomètres, ce qui leur a permis d’atteindre de nombreuses localités telles que Netivot ou Ofakim. L’ingénieur est également accusé d’avoir amélioré le missile antichar Yassin et d’avoir développé un obus de mortier antichar à double tête explosive, deux armes qui ont été utilisée au cours de l’année passée contre des forces de Tsahal.
Abou Sissi et son avocat rejettent ces accusations et affirment que les services de sécurité israéliens tentent de justifier son arrestation arbitraire. « Après avoir compris que je n’avais aucun lien avec l’enlèvement de Guilad Shalit, ils ont décidé de fabriquer ce dossier de toutes pièces et de m’inculper sur la base de fausses accusations  », a déclaré le détenu.