La vague des manifestations en Syrie rapprochent la révolution arabe des frontières israéliennes. Si Damas échoue à étouffer la révolte, et que cette dernière touche d’autres villes, cela constituera un profond changement stratégique.
Si Bachar el-Assad perd le pouvoir, Israë l se retrouvera dans l’incertitude : qui prendra le contrôle des entrepôts des missiles Scud à ogive chimique ? Qui dirigera l’armée le long du front du Golan ? Les successeurs d’Assad seront-t-ils plus ouverts à l’occident et à Israë l ou, au contraire, tenteront-ils d’exacerber le conflit pour obtenir une légitimation interne et externe, comme l’a fait le pouvoir actuel ? Et si la révolution échoue et Assad reste au pouvoir, voudra-t-il relancer les négociations de paix afin d’obtenir le Golan comme gage de sa survie politique ? Israë l souhaitera-t-il engager des négociations et signer des accords avec un dirigeant aussi haï par les siens, qu’il risque de tomber ? Chacune de ces éventualités comporte autant de chances et de risques pour Israë l.
Pour Israë l, l’avantage d’Assad réside en son manque de courage et sa propension à éviter les conflits. Ses réactions ont été prévisibles et il accordé à Israë l une liberté d’action, dont l’apogée fut le bombardement de la centrale nucléaire construite secrètement au nord-est de la Syrie, en septembre 2007. Assad a encaissé ce bombardement sans réagir, et a même repris les négociations avec le Premier ministre de l’époque, Ehud Omert, quelques mois plus tard.