Le gouvernement israélien a élevé aujourd’hui le niveau d’alerte de la police de crainte de représailles après l’assassinat de cinq Israéliens dont deux enfants et un bébé de 3 mois dans une implantation de Cisjordanie et a donné son feu vert à la construction de quelques centaines de logements dans les blocs d’implantations.
L’enterrement de la famille Fogel, les parents et trois enfants, dont un bébé, poignardés à mort dans leur lit vendredi soir dans l’implantation d’Itamar (près de Naplouse), devait avoir lieu dimanche en fin de matinée à Jérusalem.

Sur le terrain, soldats et services de sécurité israéliens ont poursuivi leur chasse à l’homme dans la région de Naplouse. Aucune revendication crédible de l’attaque n’a été annoncée.


La police israélienne a rehaussé son niveau d’alerte, notamment à Jérusalem, de crainte d’actes de vengeance anti-palestiniens de la part de juifs. "Nous sommes prêts à faire face à d’éventuels désordres lors des funérailles des victimes", a dit à l’AFP Micky Rosenfeld, porte-parole de la police.


Des habitants des implantations en colère sont entrés dans la nuit de samedi à dimanche dans le village palestinien de Burin, un foyer de tension près de Naplouse, jetant des pierres et incendiant une maison, selon des habitants. L’armée est rapidement intervenue.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exhorté hier soir les Israéliens à faire preuve de "retenue". "J’appelle tous les Israéliens à agir de façon responsable, avec retenue et à ne pas se faire justice eux-mêmes. Lorsque quelqu’un se fait justice, il n’y plus de justice. C’est seulement à l’armée et aux forces de sécurité d’assumer cette responsabilité", a proclamé M. Netanyahu.


Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon avait déjà demandé aux habitants de implantations de ne pas se livrer à des représailles, qui selon lui "sont contraires à la morale et ne peuvent que nous nuire d’un point de vue politique et sécuritaire".

La situation était très tendue depuis des jours entre paysans palestiniens et habitants juifs autour de la ville palestinienne de Naplouse, une région agricole où cohabitent, dans un climat en permanence tendu, paysans palestiniens et habitants juifs.
La tuerie d’Itamar a été mollement condamnée par l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas, l’ONU, le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, ONU et Russie) et la France.


Sur le front politique, le gouvernement israélien a réagi à l’attaque en donnant son feu vert à la construction de "centaines de logements" dans des implantations de Cisjordanie.
"La commission ministérielle chargée des implantations a décidé hier de la construction de quelques centaines d’unités de logements à Gush Etzion, Maale Adoumim, Ariel et Kyriat Sefer", a annoncé un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ces quatre implantations sont parmi les plus peuplées de Cisjordanie et font partie de ce que les responsables israéliens appellent des "blocs d’implantations" qui doivent, selon eux, être rattachés dans tout accord de paix avec les Palestiniens.