Avec l’Iran éliminant violemment des manifestants dans les rues et la Libye utilisant la force brutale face aux protestations de masse, il était rassurant de savoir que l’ONU a déclenché une action rapide. Exactement comme elle l’a fait après les élections truquées en 2009, Téhéran a utilisé les arrestations, les tirs à balles réelles, la torture et l’intimidation pour faire face à ceux qui défiaient le régime. Dans le même temps, les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU se réunissaient le 18 février à New York.
Ces membres là ont délibéré solennellement alors que des rapports provenant de Libye suggéraient que des centaines de protestataires pacifiques étaient mis à mort par les forces gouvernementales avec l’aide de mercenaires étrangers.
Il n’y a qu’un seul petit problème. Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est réuni non pas pour discuter de la situation en Iran ou en Libye, mais, ô suprême surprise, en Israë l.
Dans le même temps, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU siégeant à Genève ne pouvait pas non plus se trouver ailleurs en ce qui concerne l’Iran et la Libye.
Mais encore une fois, pourquoi cela devrait-il être choquant ?
Après tout, la Libye est actuellement membre de cet organe de 47 nations. Son principal objectif est de porter un jugement sur les autres, surtout Israë l, en s’assurant de s’éviter toute enquête sérieuse.
Et même si l’Iran a essayé mais échoué dans sa tentative de réélection au Conseil l’an passé, elle y a nombre de défenseurs – les membres associés de l’Organisation de la Conférence Islamique et du Mouvement des Pays Non Alignés, par exemple. Ils font de leur mieux pour protéger Téhéran d’une attention trop étroite et la détournent à la place vers le principal souffre-douleur du Conseil, Israë l.
En passant, alors que l’Iran n’est pas de retour au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, elle a été élue pour siéger cette année à la Commission des 45 membres de l’ONU sur le Statut des Femmes, organisme dédié à « l’égalité des sexes et à l’avancement des femmes  ». Sans tenir compte de la mémorable déclaration du président Ahmadinejad en 2007 à l’Université Columbia selon laquelle les femmes d’Iran sont « les plus libres du monde  », la notion même que l’Iran siège dans cet organisme de l’ONU serait comique si elle n’était pas si tragique et parlante.
Alors pourquoi le Conseil de Sécurité a-t-il choisi de se réunir vendredi dernier ? Pour discuter de la politique de construction d’implantations israéliennes.
Maintenant soyons clairs. La politique d’implantations est de fait, très pertinente dans les négociations israélo-palestiniennes sur un accord de paix final. En effet, c’est l’une des questions centrales.
Mais cela ne signifie pas que l’ONU avait raison de s’en saisir vendredi.
D’abord, les évènements urgents survenant en Iran, en Libye, et ailleurs dans la région, ont des implications sur la sécurité mondiale, et méritent certainement une attention immédiate de l’ONU. Elles ne l’ont pas obtenue jusqu’à ce jour.
Ensuite, les implantations ne sont pas l’alpha et l’oméga des questions centrales pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
Alors qu’il existe un zèle mondial de la part de ceux qui affirment que les implantations sont la seule et unique affaire importante à discuter, plaçant ainsi totalement l’obligation de sa résolution sur Israë l, la vérité repose ailleurs. Israë l a indiqué de façon répétée sa volonté de discuter l’avenir des implantations dans le contexte de pourparlers directs.
De plus, il a suspendu la construction d’implantations pendant dix mois l’an dernier en signe de bonne foi, pour n’avoir en retour que neuf mois d’indécision de la part de l’Autorité Palestinienne.
Comme preuve supplémentaire de sincérité, Israë l a démantelé les foyers de milliers de pionniers en accomplissement du traité de paix israélo-égyptien de 1979 et du retrait unilatéral de Gaza en 2005.
De plus, il y a quelques autres questions sans importance dirions-nous, mais centrales dans le conflit israélo-palestinien. Inutile de dire qu’elles ont été commodément ignorées lors des délibérations de vendredi.
Qu’en est-il de la condamnation des missiles tirés cette année sur des villes et des villages israéliens à partir de Gaza contrôlé par le Hamas. Leur objectif, purement et simplement, est de tuer, d’estropier et de détruire.
Qu’en est-il du traitement de la construction d’armes de destruction massive par le Hezbollah, sous le nez même des troupes de la FINUL déployées au Liban, et des menaces à glacer le sang des chefs du Hezbollah de détruire Israë l avec son arsenal de missiles, grâce à l’Iran et la Syrie ?
A propos, l’exportation par l’Iran de ces missiles en violation de la résolution 1747 du Conseil de Sécurité de l’ONU, adoptée en 2007, interdisant à l’Iran l’exportation quelconque d’armes, mais qui a été inexplicablement ignorée.
Ou bien qu’en est-il du traitement de l’incitation permanente à la haine de la part de l’Autorité Palestinienne, telle l’adulation de Dalil Mughrabi, la terroriste palestinienne qui mena une attaque en 1978 et assassina 37 Israéliens, dont 12 enfants ? L’an dernier uniquement, l’AP a baptisé un camp d’été de son nom. Au début de l’année, l’AP a diffusé une campagne de télévision la mettant en avant comme « modèle  » pour les femmes palestiniennes. Cela contribue-t-il à une culture de paix ?
Ou bien pourquoi insister pour que l’AP, à la recherche d’une issue au conflit, reconnaisse Israë l comme l’Etat nation du Peuple juif ? Après tout, Israë l a déjà donné son accord pour reconnaître le futur Etat de Palestine comme Etat nation du Peuple palestinien, tentant ainsi de créer un fondement solide à une future coexistence entre les deux Etats.
Et troisièmement, le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a pas fait progresser la cause de la paix lors de sa réunion de vendredi. Au contraire, il l’a fait reculer. Parmi les 15 pays membres, seuls les Etats-Unis ont eu le bon sens de voir ce point apparemment évident, déclenchant le premier veto exercé par le gouvernement Obama.
Le lieu pour discuter, débattre, et décider des questions affectant les Israéliens et les Palestiniens se situe dans des pourparlers directs en face à face. Il n’y a pas d’autre manière, si au moins l’objectif est un réel progrès.
Mais l’AP a décidé de mener une supercherie, utilisant l’ONU, et pas pour la première fois, pour circonvenir les discussions.
Ce faisant, elle a exclu et embarrassé Washington, qui sous le président Obama, a montré une détermination à progresser sur le terrain. Et elle a éveillé l’hostilité d’Israë l, qui est le partenaire essentiel pour tout accord de paix durable, soulevant de nouvelles questions sur l’engagement de l’AP pour parvenir réellement à un accord.
Ainsi, alors que cette diversion transparente se poursuit au siège de l’Organisme mondial, le principal spectacle maintenant est ailleurs. De Téhéran à Tripoli, hélas, on ne trouve l’ONU nulle part.
http://blogs.jpost.com/content/amidst-mideast-turmoil-only-israel-galvanizes-un-action