Il faut s’opposer à la célébration d’un auteur antisémite
Patrick Kéchichian, journaliste, ancien chef adjoint du "Monde des livres"
Article mis en ligne le 20 février 2011
L’écrivain Louis-Ferdinand Céline n’avait pas de sang sur les mains. Mais il y en avait plus que d’encre dans sa plume. Son usage exalté du langage n’excluait pas la roublardise et l’hypocrisie. Sous ses cris de rage, ses éructations, il pratiquait en maître raffiné la litote et le syllogisme. Mais une idée, un thème obsédant lui servit de clef magique, toujours et partout - à vrai dire surtout après 1945 : la victime, le persécuté c’était lui, ce n’était que lui.