M. MERON REUBEN (Israë l) a affirmé que les négociations directes entre Israéliens et Palestiniens restaient la seule façon de régler ce conflit de longue date. C’est pourquoi, a-t-il estimé, ce projet de résolution n’aurait jamais dà » être présenté. Le débat de ce jour ne contribuera pas aux efforts visant à ramener les deux parties à la table des négociations. Ce processus envoie, selon lui, le mauvais message aux Palestiniens en laissant entendre qu’ils peuvent éviter les négociations. Le représentant a notamment expliqué que le retrait d’Israë l de la bande de Gaza en 2005 avait contribué à une augmentation de la violence et de la terreur dans les zones qu’il avait quittées.
Le chemin qui conduira à la paix passe par Jérusalem et Ramallah qui ne sont séparés que de deux minutes, a-t-il ajouté. Les colonies de peuplement ne sont que l’une des questions en suspens que les deux parties se sont engagées à examiner, a-t-il également souligné. Il n’est ainsi ni approprié ni constructif d’isoler ce sujet des autres questions principales, a estimé le représentant d’Israë l. M. Reuben a remercié les États-Unis pour leur rôle de longue date dans ce processus. Il a conclu en réaffirmant que la solution passait par les seules négociations directes et a appelé les Palestiniens à revenir à la table des négociations.
Mme SUSAN RICE (États-Unis) a déclaré que l’opposition des États-Unis à ce projet de résolution ne devrait pas être mal comprise. Elle a rappelé que les États-Unis n’étaient pas en faveur des colonies de peuplement, bien au contraire. Elle a estimé que les activités de construction menées par Israë l dans les territoires occupés depuis 1967 érodaient les espoirs de paix et sapaient la confiance entre les parties. Les États-Unis sont pleinement d’accord sur la nécessité de régler de manière urgente le conflit israélo-palestinien et de créer une fois pour toute un État palestinien, indépendant, démocratique et viable, a-t-elle dit. Mais la seule façon d’y arriver, a-t-elle ajouté, est d’engager des négociations directes entre les parties avec le soutien indéfectible de la communauté internationale. Toute mesure potentielle doit être mesurée à l’aune d’un facteur, a-t-elle dit, en citant l’objectif principal de rapprocher les parties prenantes. Elle a estimé qu’un tel texte risquait d’inciter les parties à ne pas revenir à la table des négociations.
Aucun pays n’a plus investi dans les efforts de paix que les États-Unis, au cours des dernières années, a insisté Mme Rice, avant de déplorer qu’une récente initiative américaine, intitulée « Alternative constructive  », se soit soldée par un échec. L’élan en faveur de la démocratie et de la réforme dans la région exige que l’on résolve de toute urgence cette question alors que d’autres pays de la région avancent vers la démocratie, a-t-elle souligné. Quant à la question des colonies illégales de peuplement, la représentante des États-Unis a estimé qu’il n’était pas sage que le Conseil de sécurité essaye de régler les questions fondamentales qui divisent les Palestiniens et les Israéliens.
M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni), qui s’exprimait également au nom de la France et de l’Allemagne, s’est déclaré préoccupé par la poursuite des activités d’implantation de colonies dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, lesquelles, a-t-il estimé, constituent un obstacle à la paix et à la solution de deux États. Ces activités doivent cesser immédiatement, a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de se concentrer sur les objectifs de la création d’un État palestinien souverain, indépendant, démocratique, vivant côte à côte avec Israë l dans la paix et la sécurité. Le représentant a affirmé que la sécurité israélienne et la réalisation des droits palestiniens n’étaient pas contradictoires. Il a demandé aux deux parties de reprendre leurs pourparlers directs. L’Autorité palestinienne est désormais en mesure de gérer un État pacifique respectant l’état de droit, a-t-il dit. Tout retard ne fera que compliquer cette solution, a-t-il ajouté.