Est-ce que nous avons bien entendu ? Est-ce qu’E. Barak, lors de la conférence de presse annonçant sa scission du parti travailliste, a réellement proclamé la création d’un parti « centriste, sioniste et démocrate  » ? La création d’un groupe parlementaire, puis celle d’un mouvement, qui aura pour première priorité l’Etat, ensuite le parti, et juste en dernier – Barak et ses camarades ?
« Parti sioniste  », dit-il. Ou peut-être était-ce « parti cynique ?  » Car le cynisme, semble-t-il, n’a pas de limite. Barak a fait hier une manÅ“uvre politique brillante. Il a pris ses ministres par surpris, les obligeant à démissionner du gouvernement dans l’humiliation. Ce qu’ils menaçaient de faire depuis de longs mois, il les a forcés à le faire, l’un après l’autre, en l’espace de deux heures. (…)
Certes, il est difficile de faire le deuil de ces ministres qui ont quitté hier le gouvernement Netanyahu. Si E. Barak n’avait pas fait ce qu’il a fait hier, ils lui auraient infligé le même coup d’ici un mois ou deux. On peut également comprendre à quel point il en avait assez de leurs grondements incessants, de leurs menaces, de leur comportement ambigu : d’une part, ils sont accrochés à leurs sièges, de l’autre, ils n’arrêtent pas de protester. (…)
Barak a comparé son acte à ceux de Sharon et de Ben Gourion. Il a cette habitude, lorsqu’il fait quelque chose de contesté, de se comparer à d’autres leaders. Or, ce qu’a fait Barak ne rappelle en rien les autres. Sharon a quitté le Likoud pour anticiper les élections. Ben Gourion avait une motivation idéologique, et il est parti vivre à Sdé-Boker, dans le Néguev. La démarche de Barak n’a rien d’idéologique. (…) Ce qu’il a fait ne favorise en rien l’Etat ou ses enjeux sécuritaires et économiques. Notre expérience de longue date avec Barak prouve qu’il ne soucie que d’une chose : de lui-même.