Une fois n’est pas coutume, c’est l’Allemagne, considérée comme une amie d’Israë l, qui est à l’origine d’un projet de résolution sévère qui sera soumis aujourd’hui au vote du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Selon ce projet, si un accord de paix dans la région n’est pas conclu d’ici un an, l’Union Européenne reconnaîtra l’indépendance de l’Etat palestinien. Le ministre d’Etat allemand, Eckart von Klaeden, a transmis hier au Premier ministre Binyamin Netanyahu un message personnel à ce sujet de la part de la chancelière allemande, Angela Merkel.
Au cours d’un débat sur le Proche-Orient qui s’est tenu la semaine dernière au sein de l’UE, le représentant allemand a proposé, au nom du « groupe des cinq  » (l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Espagne et la France), d’adopter une résolution condamnant Israë l suite à l’échec de la relance les négociations directes avec les Palestiniens. Cette résolution devait comprendre la menace de reconnaître l’Etat palestinien.
On ignore si l’Allemagne a agi à la demande du gouvernement américain ou non, même si on sait que plusieurs entretiens téléphoniques ont eu lieu entre des officiels américains et allemands de très haut rang après l’annonce américaine quant à l’échec des contacts sur la prorogation du moratoire de la construction dans les colonies.
Le premier projet de résolution allemande, rédigé la semaine dernière, imputait directement à Israë l la responsabilité de l’échec des contacts et de la non-reconduction du moratoire, tout en se gardant d’évoquer la responsabilité des Palestiniens. Il est possible que ce soit grâce aux efforts israéliens que cette formule problématique n’ait finalement pas été retenue. En effet, Israë l est intervenu de manière intensive auprès de ses amis européens dans le but de modérer le texte de la résolution. Dans les messages qu’il a adressés, Israë l exprimait son étonnement face à la volonté européenne de le condamner sans examiner tout d’abord le nouveau plan américain de relance du processus de paix, et sans tenir compte du fait que dans son discours, Hillary Clinton n’a pas explicitement imputé à Israë l la responsabilité de l’échec des contacts.
Au cours de sa rencontre avec le Premier ministre Netanyahu, Eckart von Klaeden a voulu connaître quelles étaient les positions israéliennes en vue d’une reprise possible des pourparlers avec les Palestiniens. Il a demandé ce qu’Israë l exigeait des Palestiniens en échange du gel de la construction dans les colonies. Netanyahu lui a répondu qu’il réclamait la reconnaissance d’Israë l comme Etat-nation du peuple juif ainsi que la tenue d’un débat sur le problème des réfugiés palestiniens, qui est lié à cette reconnaissance.
Certains responsables israéliens soutiennent depuis un certain temps que le cabinet du Premier ministre Netanyahu n’investit pas assez d’effort dans le dialogue avec les instances européennes. Selon eux, l’action du ministère des Affaires étrangères ne suffit pas, et il faudrait que Netanyahu envoie en Europe ses conseillers de premier plan, comme il le fait face à Washington.