La séance parlementaire de routine que l’opposition impose une fois par mois au Premier ministre s’est transformée hier en affrontement entre le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le chef de l’opposition, Tzipi Livni, qui se sont lancé des piques.
Selon la loi fondamentale sur la Knesset, quarante députés peuvent, une fois par mois, convoquer une séance à la Knesset à laquelle le Premier ministre est obligé d’assister. Le chef du gouvernement est obligé de rester dans la salle durant toute la séance, d’écouter tous les intervenants et de leur répondre.
C’est un rituel qui agace fortement le Premier ministre Netanyahu. Hier, il est monté à la tribune énervé, ayant dà » rester assis à entendre les attaques lancées contre lui par divers députés, la plupart du temps devant une salle presque vide.
M. Netanyahu, qui semblait particulièrement en colère, a défendu dans son discours la loi sur le référendum et s’en est pris au parti Kadima qui s’est opposé à cette loi. Il a rappelé à l’opposition comment l’accord d’Oslo II avait été approuvé grâce à l’octroi de postes au gouvernement à deux députés du parti Tzomet.
Alors qu’il s’exprimait, le Premier ministre a remarqué que Tzipi Livni était en train de pianoter sur son téléphone portable. « Je remarque que, pendant que je parle, le chef de l’opposition regarde son téléphone portable, lit ses messages puis se met à écrire  », a alors dit le Premier ministre, laissant entendre qu’au lieu d’écouter le discours, Mme Livni lit les messages de ses conseillers en communication pour savoir comment réagir à ses propos.
Cette remarque a beaucoup énervé Tzipi Livni qui, une fois à la tribune, a répondu au Premier ministre : « Quelle leçon m’avez-vous donnée, quelle bassesse. Je vous lirais bien les messages que j’ai reçus, mais ça ne ferais que vous vexer. C’est ce que pensent les Israéliens de votre intervention aujourd’hui : "Il est nerveux, il est faible"  ». Mme Livni a accusé le Premier ministre de ne pas dire la vérité et a évoqué notamment les tentatives du bureau du Premier ministre de démentir les révélations du site Wikileaks selon lesquelles Binyamin Netanyahu aurait dit à un sénateur américain qu’il est favorable à des échanges de territoires.