Les services de sécurité se préparent à la possibilité que les prisonniers palestiniens détenus en Israë l entament une grève générale sur ordre de l’Autorité palestinienne. Selon ce scénario menaçant, les prisonniers feront la grève de la faim, mettront le feu à des cellules, tenteront de s’en prendre aux gardiens, rompront toute relation avec les autorités pénitentiaires, refuseront les visites de la Croix-Rouge et de leurs familles qui manifesteront devant les prisons et appelleront les familles des prisonniers arabes israéliens à se joindre à elles.
Selon un responsable des services de sécurité, l’Autorité palestinienne est à l’initiative de la grève qui se prépare. En 2004 déjà , des prisonniers palestiniens avaient provoqué des émeutes dans toutes les prisons pendant dix-huit jours. En Israë l on estime que la grève sera déclenchée dans les prochaines semaines.
Les autorités prévoient aussi que les prisonniers essaieront de diffuser dans les médias des images prises à l’intérieur des prisons. Au-delà de cette campagne médiatique, une équipe de juristes palestiniens devrait déposer des plaintes contre Israë l concernant le traitement des prisonniers pendant et après les mutineries. Parallèlement, l’Autorité palestinienne tiendra ce mois-ci, à Genève et à Alger, deux conférences sur la question des prisonniers intitulées : « Israë l ne respecte pas le droit international  ».
Cette grève doit servir non seulement la propagande palestinienne contre Israë l mais être aussi une réponse au Hamas qui affirme que l’Autorité palestinienne est indifférente au sort des prisonniers tandis que lui négocie la libération du soldat enlevé Guilad Shalit.
Selon des responsables des services de sécurité, même si officiellement l’Autorité palestinienne est à l’initiative de la grève, qui est organisée par le ministre chargé des prisonniers, Eissa Qaraqe, ce dernier n’est qu’un paravent derrière lequel se cachent des éléments radicaux qui cherchent à attiser l’affrontement avec Israë l.
Malgré ces préparatifs, il semble que les prisonniers eux-mêmes soient peu enthousiastes. Certains estiment en effet qu’il sera préférable de protester lorsqu’Israë l portera atteinte à leurs droits avec l’adoption de la loi visant à durcir leurs conditions de détention, surnommée « loi Shalit  ». Alors, estiment-ils, ils auront de quoi justifier leur lutte face à l’administration pénitentiaire.