Le Premier ministre Netanyahu est à New York, le président Obama effectue une visite en Indonésie. Mais les deux hommes ne laissent pas la distance qui les sépare de chez eux faire obstacle à l’affrontement qui s’est déclenché autour de la décision israélienne de poursuivre la construction à Jérusalem-est.
Dans son discours à Djakarta, le président Obama a déclaré qu’au cours des deux mois qui se sont écoulés depuis la reprise des pourparlers directs, Israë l et les Palestiniens ne sont pas parvenus à des avancées. « Je suis inquiet du fait que les deux camps ne font pas l’effort supplémentaire qui est nécessaire pour parvenir à une percée  », a dit le président américain qui s’en est pris à la décision israélienne de continuer à construire au-delà de la "ligne verte" : « Des actes comme ceux là sont un obstacle sur le chemin de la paix… De telles mesures risquent de briser la confiance  ».
Des responsables israéliens ont réagi hier à l’offensive du président Obama et ont indiqué que les décisions concernant la construction à Jérusalem ont été prises il y a une vingtaine de jours et ne sont aucunement liées à la visite du Premier ministre Netanyahu au Etats-Unis. Le bureau du Premier ministre Netanyahu a publié un communiqué officiel dans lequel il est dit : « Jérusalem n’est pas une colonie, elle est la capitale de l’Etat d’Israë l. Israë l ne s’est jamais imposé de restrictions quelles qu’elles soient concernant la construction à Jérusalem, y compris pendant les dix mois de suspension de la construction en Judée et Samarie  ».
« Israë l ne voit aucun lien entre le processus de paix et la politique de planification et de construction à Jérusalem qui n’a pas changé depuis quarante ans. Tous les gouvernements israéliens des quarante dernières années ont construit dans tous les quartiers de la ville. Durant cette période ont été signés les accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie et, pendant dix-sept ans, des négociations ont été menées avec les Palestiniens. Ce sont là des faits historiques. Jamais la construction à Jérusalem n’a fait obstacle au processus de paix. Les désaccords qui existent avec les Etats-Unis concernant Jérusalem sont connus de tous. Eux non plus ne sont pas nouveaux et durent depuis quarante ans. Nous espérons pouvoir surmonter ces désaccords et continuer à faire avancer les pourparlers diplomatiques  », a ajouté le bureau du Premier ministre.
La réaction de Washington n’a pas tardé. « Il est évident qu’il existe un lien, et c’est pourquoi les deux camps ont la responsabilité de créer les conditions nécessaires à des pourparlers réussis  », a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Philip Crowley. « Je pense qu’il était erroné de dire qu’une telle annonce n’a aucune influence sur la position palestinienne. Nous comprenons qu’Israë l a sa propre position. Mais de telles annonces, ces jours-ci, vont à l’encontre des efforts que nous faisons pour que les deux camps reprennent les pourparlers directs  ».
Demain, le Premier ministre Netanyahu doit rencontrer à New York la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton et l’émissaire pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui devrait se rendre dans la région le mois prochain pour de nouveaux pourparlers. Le but affiché du gouvernement américain est de mettre en place un dialogue entre Israë l et les Palestiniens sur la question des frontières, l’hypothèse étant qu’une fois les principes du tracé des frontières établis, chacun saura où il peut construire et il n’y aura alors plus besoin de gel de la construction.