« Si les négociations avec Israë l ne portent pas de fruits, nous nous adresserons unilatéralement au Conseil de sécurité pour que celui-ci reconnaisse l’Etat palestinien  », a menacé hier Abou-Mazen, président de l’Autorité Palestinienne.
Abou-Mazen a tenu ces propos lors de la visite surprenante à Ramallah des ministres égyptiens des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit et des Renseignements Omar Suleiman qui se sont entretenus avec lui du blocage diplomatique actuel. Lors d’une conférence de presse tenue après les rencontres avec les responsables égyptiens, Abou-Mazen a ajouté : « On parle de ce que nous allons nous adresser au Conseil de sécurité, et bien je vous dis que cela ne se passera que dans quelques mois. Israë l a pris des mesures unilatérales depuis des dizaines d’années avec notamment ses activités dans les colonies  ».
Dans ses propos, le président de l’Autorité Palestinienne a laissé entendre que les négociations ne sont pas la seule voie d’action dont il dispose : « Nous avons sept alternatives différentes et non pas une seule, mais nous n’allons pas renoncer aux négociations directes avant d’avoir fait tous les efforts possibles pour pousser Israë l à arrêter a construction dans les colonies  ».
Lors d’une interview accordée au journal italien Corriera della Sera, le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a indiqué hier que l’Autorité Palestinienne déclarerait la création d’un Etat palestinien indépendant en l’été 2011  ».
Le ministre égyptien des Affaires étrangères a déclaré que le temps n’était pas propice à la reprise des négociations. A Ramallah on estime que ses propos sont basés également sur la position des Américains qui à ce stade ne font pas pression pour la reprise des négociations en attendant que les résultats des élections pour le Congrès de novembre prochain soient connus.
Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a réagi hier aux propos d’Abou-Mazen lors dune rencontre avec le sénateur américain Joe Lieberman. « Tant que les Palestiniens croiront qu’ils ont une option pour s‘adresser unilatéralement à l’ONU, ils continueront à se dérober aux négociations directes sérieuses  », a-t-il déclaré, avant d‘ajouter : « la communauté internationale doit leur souligner que les négociations directes restent le seul canal permettant de parvenir à une paix franche et stable  ». Selon lui, « l’obstacle actuel posé par les Palestiniens n’est pas une question de principe pour le règlement de paix car la construction en Judée-Samarie n’aura pas d’effet sur la carte de la paix  ».