Umm el-Fahm, 9h00 du matin. Un autocar transportant une cinquantaine de militants d’extrême droite arrive aux abords de la ville qui était déjà encerclée par 1.500 policiers et garde-frontières. Cette force policière savait bien que seule une séparation totale entre militants de droite et les habitants empêcherait des émeutes sanglantes.
9h15. La police fait monter sur trois bus blindés les quelques dizaines de militants, menés par le député Michael Ben-Ari (Union nationale) et par les activistes Itamar Ben-Gvir et Barouch Marzel. Dans chaque bus se déploie une force policière. Auparavant, leurs affaires ont été minutieusement fouillées et une partie des pancartes a été saisie. Entourés de voitures de police, les bus partent vers l’un des quartiers de la ville.
L’information sur le lieu de la manifestation, jusqu’alors gardé secret aux habitants, commence à fuiter ; Quelques instants plus tard, des dizaines de jeunes arrivent sur place et se mettent à jeter des pierres. Parmi eux se trouvaient les députés Afou Agbarie (Hadash) et Hanin Zoabi (Balad). Les soldats ont entouré les manifestants juifs, les protégeant de la pluie de pierres et empêchant un affrontement.
40 minutes plus tard, la police annonce la fin de la manifestation, les militants de droite remontent dans leur bus et quittent la vile. Mais c’est justement à ce moment-là que la situation se détériore. La rumeur sur le lieu de la manifestation s’étant propagée, des centaines d’habitants y affluent et arrosent les policiers de pierres, ces deniers les poussant avec des gaz lacrymogènes. Les affrontements ont duré quatre heures. A l’issue des affrontements, on faisait état de 5 policiers légèrement blessés. Les députés Agbarie et Zoabi ont également été légèrement blessés. 9 manifestants arabes ont été arrêtés pour atteinte à l’ordre public.
Comme toujours dans ce genre de situations, chacune des parties présente une version différente du déroulement des évènements. « Une bande de fascistes délirants ont bénéficié du soutien de la police  », a déclaré le député Agbarie avec amertume. « C’est la police qui a créé ce conflit, et cette elle qui est responsable de ses résultats  », accuse le maire ad intérim de la ville. Le porte-parole du district nord de la police a rejeté ses allégations en déclarant : « Malgré les promesses des responsables locaux, ils ont disparu de la scène dès le début de l’évènement, puis des jets de pierres sur les policiers ont commencé. La police a fait usage de moyens légaux utilisés pour disperser les manifestations  », a-t-il indiqué.