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Sharon refuse que l’Union européenne joue un rôle de médiateur
Mark Heinrich - Reuters
Article mis en ligne le 23 juillet 2004

Reprochant àl’Union européenne son soutien àla résolution de l’Onu en faveur du démantèlement de la "barrière" israélienne en Cisjordanie, Ariel Sharon a affirmé jeudi que l’Union Européenne n’aurait pas de rôle àjouer dans le processus de paix au Proche-Orient tant qu’elle n’aurait pas changé d’attitude.

Le Premier ministre israélien, qui a rencontré àJérusalem Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne en visite dans la région, lui a fait part de son mécontententement après le soutien apporté par les Européens àl’arrêt rendu par la Cour internationale de justice.

Il a déclaré que la décision de la Cour Internationale de Justice de La Haye , qui juge "illégale" la "barrière de sécurité" israélienne en Cisjordanie et demande son démantèlement, "pouvait signifier que le sang juif n’avait aucune valeur".

L’Assemblée générale des Nations Unies a, en outre, adopté mardi une résolution allant dans le sens de cet arrêt.

"La principale signification de cette décision, et de la décision de l’Assemblée, est d’accorder son feu vert au terrorisme palestinien", a dit Sharon àSolana, selon un communiqué publié par les services du Premier ministre israélien.

"Israë l a intérêt àassocier la communauté internationale, et plus particulièrement l’Europe, dans le processus (de paix) avec les Palestiniens", a ajouté Sharon. "Mais sans un changement radical de la position européenne, en particulier en ce qui concerne la défense israélienne et son besoin de se défendre, cela sera difficile àfaire."

TRACÉ MODIFIÉ

Sharon a réaffirmé la volonté d’Israë l àpoursuivre la construction de la "clôture" qu’Israë l juge nécessaire pour garantir sa sécurité.

Il a toutefois indiqué que le tracé en serait quelque peu modifié et qu’il serait plus proche de celui de la frontière en Cisjordanie, comme l’avait ordonné la Cour suprême israélienne, pour que les Palestiniens ne soient pas privés d’accès àleurs terres.

Les relations diplomatiques entre Israë l et l’Union européenne sont tendues depuis des années, l’Etat juif considérant que l’Union Européenne privilégie les Palestiniens.

"Il m’est très difficile de convaincre le peuple israélien que l’Union européenne est un partenaire àqui nous pouvons faire confiance", a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, lors d’une conférence de presse àTel-Aviv en présence de Solana.

Le chef de la diplomatie européenne a de son côté remis en cause le principe de cette clôture qui est en partie construite dans les territoires palestiniens.

"Nous respectons le droit de chaque pays àconstruire une barrière sur son propre territoire, mais un tracé àtravers les territoires occupés n’est pas compatible avec le droit international", a indiqué Solana.

L’Union européenne compose avec la Russie, les Nations Unies et les Etats-Unis, le principal allié israélien, un "quartet" de médiateurs chargé de la mise en place de la "feuille de route" visant àramener la paix dans la région.

Mais dans les faits, le gouvernement Sharon considère les Etats-Unis comme le seul partenaire possible pour la mise en place d’un plan de paix.

Au contraire, les Palestiniens mettent en exergue le rôle des Européens, qu’ils estiment plus réceptifs àleur cause que Washington.