Une allégeance conditionnée : Au terme d’un débat houleux, le gouvernement a approuvé hier l’amendement de l’article 5c de la loi sur la nationalité, selon lequel tout non-juif souhaitant obtenir la nationalité israélienne devra prêter serment d’allégeance à l’Etat d’Israë l comme « Etat juif et démocratique  ».
22 ministres ont voté pour cet amendement, qui a été donc adopté à une large majorité. Les ministres Dan Meridor, Beni Begin, Mikael Eitan, Ehud Barak, Binyamin Ben Eliezer, Avishaï Braverman, Yitzhak Herzog et Shalom Simhon s’y sont opposés.
Au cours du débat, plusieurs propositions de compromis ont été faites afin d’atténuer les critiques qu’a essuyées cette « loi de l’allégeance  ». Le ministre de la Défense Ehud Barak a proposé d’ajouter au serment les mots « dans l’esprit de la Déclaration d’Independence  », proposition ayant débouché sur un long débat.
Le ministre de la Justice Yaakov Neeman a proposé que toute personne –y compris juifs – demandant la nationalité israélienne ait à prêter serment. Ainsi, l’amendement s’appliquerait également aux personnes qui se font naturaliser en Israë l grâce à la loi du retour. En effet, la loi d’allégeance telle qu’elle a été approuvée hier ne s’appliquera qu’à 3 000 personnes par an, alors que si la proposition de Yaakov Neeman est adoptée, elle s’appliquera également aux nouveaux immigrés juifs, soit environ 30 mille personnes par an.
Cependant, malgré les tentatives de parvenir à un compromis et bien que le Premier ministre ait ordonné à la commission ministérielle de législation d’examiner les autres propositions, l’amendement en question a été adopté hier à une large majorité, au terme d’un débat long et houleux. Celui qui a mené l’opposition à l’amendement au sein du gouvernement est le ministre Dan Meridor, qui s’est exprimé pendant 20 minutes.
« Il s’agit d’une proposition nuisible et superflue, tant au regard du monde que sur le plan intérieur, a déclaré Dan Meridor. « Il n’y avait aucun problème à résoudre, et il n’y avait donc pas besoin d’y trouver une solution. Personne n’a connaissance d’une vague de millions d’arabes qui frappe à nos portes. Cela donne l’impression que les arabes-israéliens ne sont pas désirés ici. Cela les exclut de la fraternité israélienne. On leur dit que cet Etat n’est pas à eux. Nous sommes responsables des relations entre Juifs et Arabes. Nous sommes le gouvernement. Nous devons nous comporter différemment vis-à -vis d’eux  ».
Le ministre Yitzhak Herzoeg qui s’est opposé lui aussi à l’amendement a évoqué la façon dont cette loi sera perçue par le monde. « Elle sera vue comme s’inscrivant dans une chaîne de phénomènes au sein de la société israélienne qui sont à la limite du fascisme, en marge du courant [principal]  », a-t-il déclaré. En revanche, Netanyahu a de son côté estimé qu’il « n’y a pas lieu de nous faire la morale sur la démocratie ou la dignité  ». Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a fait savoir que son parti promouvrait une proposition de loi selon laquelle tout israélien âgé de 16 ans sera obligé de signer un serment d’allégeance avant de recevoir sa carte d’identité.
L’amendement approuvé hier sera bientôt remis à l’examen de la commission ministérielle de législation, celle-ci devant rédiger un projet de loi qui sera soumis au vote de la Knesset 21 jours plus tard.