Au terme de plusieurs mois de débats et d’hésitations, le Premier ministre Netanyahu a décidé hier de faire approuver dimanche prochain par le gouvernement l’amendement à la loi sur la citoyenneté selon lequel désormais, toute personne qui demandera à obtenir la nationalité israélienne devra prêter allégeance à l’Etat d’Israë l « en tant qu’Etat juif et démocratique  ».
Cette loi entre dans le cadre d’une démarche globale de réforme des lois sur l’immigration. Cet amendement, qui ne s’applique pas aux immigrants qui bénéficient de la loi du Retour, concerne notamment ceux qui épousent des Israéliens, les travailleurs étrangers qui ont obtenu le droit de vivre en Israë l, voire des sportifs à qui il a été décidé d’accorder la nationalité.
Dans les faits, cet amendement ne concerne que quelques milliers de personnes par an, mais il a un poids symbolique fort et risque de provoquer de très vives réactions.
On estime en effet que près de la moitié des personnes naturalisées sont des Palestiniens qui épousent des Arabes israéliens. L’amendement risque par conséquent d’être vu dans le monde, et plus encore par les Palestiniens, comme portant atteinte aux Arabes israéliens.
L’amendement porte sur la déclaration d’allégeance de la loi sur la nationalité. Actuellement, la loi prévoit que les personnes demandant la naturalisation doivent déclarer : « Je m’engage à être fidèle à l’Etat d’Israë l  ». Le débat concerne le supplément qui sera ajouté à cette phrase.
Après trois débats au conseil des ministres et plusieurs propositions de compromis, il a été décidé de revenir à la proposition originale du comité ministériel de législation : « Je m’engage à être fidèle à l’Etat d’Israë l en tant qu’Etat juif et démocratique et à respecter les lois de cet Etat  ».
La proposition devrait être approuvée par le gouvernement, même si de nombreux ministres devraient s’y opposer, dont notamment Dan Meridor et la plupart des ministres travaillistes. « Il s’agit d’une décision révoltante, irresponsable, qui jette de l’huile sur le feu de la délégitimation d’Israë l dans le monde  », a déclaré le ministre chargé des minorités, le travailliste Avishaï Braverman.
A Israë l Béteinou on se félicitait hier de la décision du Premier ministre : « A une époque où une députée participe à une flottille terroriste, l’adoption de cette loi prend toute son importance  », a déclaré le député David Rotem.
Au sein de la communauté arabe, en revanche, cette décision provoque de la colère. « Le gouvernement va entériner le statut inférieur des Arabes par rapport aux Juifs. Netanyahu danse au son du joueur de flà »te Liberman  », a déclaré le député Ahmed Tibi.