Un nouvel arrêt de la Cour suprême offre la possibilité à des associations représentants des colons de prendre possession de dizaines de maisons supplémentaires du quarter de Sheikh Jarah, à Jérusalem-est. Dans la décision rendue avant-hier, les juges Yoram Dantziger, Miriam Naor et Esther Hayut, ont rejeté à l’unanimité l’appel de Palestiniens qui revendiquaient la propriété d’un large terrain dans l’ouest du quartier, un secteur qui jusqu’ici n’était pas au centre de la lutte politique qui se déroule dans le quartier.
Les magistrats ont établi que l’Administrateur général des biens ainsi que d’autres organismes, dont les représentants des colons, ont pu prouver qu’ils étaient les propriétaires du terrain. Cette décision signifie que des organisations de droite pourront entamer des procédures visant à expulser les dizaines de familles qui vivent sur le site et y promouvoir des projets de construction.
Sheikh Jarah fait depuis un an l’actualité, suite à la lutte de mouvements de gauche israélo-palestiniens contre la « judaïsation  » du quartier. Jusque là cependant cette lutte concernait principalement sur la partie orientale du quartier d’où ont d’ores et déjà été expulsées trois familles tandis que vingt-cinq familles supplémentaires sont menacées d’expulsion.
Comme la partie orientale, la partie occidentale du quartier appartenaient à des propriétaires juifs et, de la fin du 19ème siècle à la guerre d’Indépendance, était habitée par des familles juives. Après la conquête de Jérusalem-est par la Jordanie, les biens immobiliers ont été placés sous le contrôle de l’Administrateur des biens ennemis. Les Jordaniens ont loué les maisons à des familles palestiniennes qui, pour la plupart, y habitent encore de nos jours. Après la guerre des Six Jours, l’Administrateur général de biens du gouvernement israélien a pris possession des maisons et des terrains. Depuis, l’Administrateur a restitué certains des biens aux héritiers des familles juives qui vivaient dans le quartier. D’autres biens ont été vendus, par l’Administrateur ou par ces héritiers, à des organisations proches des colons.
En 1997, deux organismes palestiniens se sont portés devant le tribunal affirmant que les terrains où se sont installés les Juifs au 19ème siècle ne leur avaient pas été vendus mais loués et que les Palestiniens en étaient restés les propriétaires. En 2006, le tribunal de district de Jérusalem avait rejeté la requête des organisations palestiniennes et avant-hier, la Cour suprême a rejeté leur appel.