La tension entre le chef d’état-major, Gaby Ashkenazi, et le ministre de la Défense, Ehud Barak, s’est à nouveau exprimée hier lors d’une séance de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset au cours de laquelle le chef d’état-major a affirmé que la nomination de son remplaçant était intervenue trop tôt.
Pour le général Ashkenazi, il aurait fallu attendre jusqu’à trois mois avant la fin de son mandat pour annoncer le nom de son successeur, comme cela s’est fait par le passé, et cela aurait suffit pour assurer une passation des pouvoirs efficace.
Le chef d’état-major a aussi évoqué la situation militaire et politique dans la région : « Les changements que j’observe au Proche-Orient sont d’ordre tectonique. L’Iran lutte pour l’hégémonie dans la région et, pour l’heure, la balance penche vers l’axe radical. Pour la première fois depuis des années, l’ordre du jour est fixé par l’Iran et la Turquie et non par des pays arabes. Tous les acteurs suivent de près la situation, c’est un changement profond et préoccupant  ».
Il a ajouté que l’armée se prépare à la possibilité que les pourparlers avec les Palestiniens n’aboutissent pas et que cela mène à une reprise de la violence et des attentats. Toutefois, a-t-il affirmé, on estime que le niveau de violence ne ressemblera pas à celui de la deuxième Intifada.
Le chef d’état-major a également évoqué la prochaine flottille pour Gaza, censée partir d’Europe, affirmant que si ses passagers s’opposent à Tsahal, il pourrait y avoir des victimes. Selon lui, l’armée a connaissance de quatre flottilles qui sont prévues prochainement et le ministère des Affaires étrangères agit au niveau diplomatique pour tenter d’empêcher leur départ.