C’est dans une atmosphère tendue que le Premier ministre, Binyamin Netanyahu, rencontrera aujourd’hui à Sharm el-Sheikh le président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen, pour une nouvelle session de pourparlers directs.
Selon des sources américaines, la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, tentera de faire avancer les pourparlers sur une série de questions fondamentales telles que les frontières, les dispositifs de sécurité, le rythme de mise en œuvre de l’accord qui sera signé et les diverses garanties. Tout cela, bien que le principal obstacle à la poursuite des pourparlers est, on le sait, l’expiration du gel de la construction en Cisjordanie, fin septembre.
Ce matin, le Premier ministre Netanyahu et Abou Mazen rencontreront chacun séparément le président égyptien, Hosni Moubarak, puis la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton. Les deux dirigeants se réuniront ensuite avec Mme Clinton.
Contrairement à la rencontre à Washington il y a deux semaines, cette fois-ci il n’y aura pas, au-delà de photographies communes, de déclarations conjointes ni de conférence de presse.
Par ailleurs, M. Netanyahu envisage une visite-éclair à New York la semaine prochaine où il pourrait rencontrer à nouveau Abou Mazen.
Les Palestiniens ont déclaré hier qu’ils rejettent la formule de gel partiel proposée par le Premier ministre Netanyahu. Il n’y a pas de demi-solution, affirment-ils, tout en menaçant de quitter les pourparlers si Israë l reprend la construction. Parallèlement, Abou Mazen a l’intention de demander que soient débattues les frontières du futur Etat palestinien avant de poursuivre les discussions sur les autres questions fondamentales.
Les dirigeants de l’Autorité palestinienne ont laissé entendre que le gouvernement israélien serait jugé à ses actes et non à ces déclarations. « Hier, nous avons entendu les déclarations du Premier ministre israélien concernant la reconnaissance d’Israë l en tant qu’Etat juif et l’arrêt partiel de la construction dans les colonies, mais ce ne sont que des mots  », a déclaré le chef de l’équipe de négociation palestinienne, Saë b Erekat, qui a indiqué que les Palestiniens réclament un arrêt total de la construction, y compris à Jérusalem-est, et non un arrêt partiel, comme le propose Israë l.
Au-delà de la position palestinienne, ce qui doit inquiéter Netanyahu est l’opposition de plus en plus forte au sein même de son parti. Hier, son principal rival, le vice-premier ministre Sylvan Shalom, a tenu un meeting à l’occasion de la nouvelle année au cours duquel il a adressé un message clair : Si la construction ne reprend pas le 26 septembre, Netanyahu aura affaire à une opposition combative et en colère au sein du Likoud.
A ce meeting étaient présents le ministre sans portefeuille Yossi Péled, le président de la Knesset, Reuven Rivlin, les députés Yariv Levin, Zéev Elkin, Tzipi Hotoveli et Danny Danon, ainsi que des élus locaux et des militants, en majorité de Cisjordanie.
« La colonisation est un des étendards du Likoud. Nous n’avons pas le droit de le mettre en berne. Nous devons le hisser avec fierté partout où nous le pouvons : en Judée et Samarie, en Galilée, dans le Néguev et dans tout le pays  », a déclaré Sylvan Shalom.