Binyamin Netanyahu part ce matin aux Etats-Unis alors qu’il sait parfaitement que ses partenaires du gouvernement rejettent la revendication palestinienne pour le maintien du gel en Judée-Samarie et à Jérusalem-est, revendication endossée silencieusement par l’administration d’Obama et les dirigeants de l’Union Européenne. Le Premier ministre s’est gardé de réunir le forum des Sept avant son départ aux Etats-Unis car, à l’instar de ses prédécesseurs, il ne veut pas que ses collègues lui mettent des entraves et lui privent même de l’apparence de pouvoir prendre des décisions à Washington.
Le Premier ministre sera chaleureusement accueilli à la maison blanche ; cela s’inscrit dans « l’assaut de magie  » du président américain, à savoir, sa volonté de se montrer très amical envers Netanyahu dans les prochains mois en raison des élections au congrès. Toutefois, des personnalités qui suivent de près la tentative de redémarrer les négociations directes estiment que le sommet se résumera par des photo-op des trois premiers jours, et que rien ne suivra.
Netanyahu poursuivait hier ses préparatifs en vue de son voyage à Washington. Le message qu’il essaie de nous faire passer est que si on le met dans une même pièce avec Abou-Mazen pour un entretien en tête-à -tête, ce dernier trouvera en lui un partenaire sérieux, avec qui on peut parvenir à un compromis équitable. Mais dans ses apparitions publiques, Netanyahu n’évoque plus le terme magique d’ « Etat palestinien  » comme l’un des objectifs des négociations. Il préfère présenter ses attentes des Palestiniens : reconnaitre Israë l comme l’Etat du peuple juif, donner une réponse satisfaisante aux besoins israéliens en matière de sécurité, annoncer la fin du conflit, etc. Le Premier ministre évite soigneusement de dessiner la carte de l’Etat palestinien auquel il aspirerait dans le cadre du règlement permanent.