Les Etats-Unis condamnent avec violence le sermon prononcé samedi soir par le chef spirituel du Shas, le rabbin Ovadia Yossef, dans lequel il espérait la mort du président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas. Des responsables américains ont confié hier soir au Haaretz que les propos du rabbin, rendus publics dans la nuit de samedi à dimanche, « ne sont pas uniquement profondément blessants, mais sont également une forme d’incitation qui porte préjudice à toute tentative de parvenir à un accord de paix  »
Lors de sa conférence hebdomadaire donnée tous les samedis soirs, le rabbin Yossef a déclaré : « que nos ennemis et adversaires périssent. Abou-Mazen et tous ces méchants, qu’ils s’effacent de la surface de la terre, que Dieu leur inflige la plaie de la peste, à eux à ces Palestiniens, ces méchants et ennemis d’Israë l  ».
Le sermon du leader spirituel a provoqué des remous en Israë l et au sein de l’Autorité Palestinienne. Le chef de la délégation palestinienne pour les négociations, Saeb Erekat, a qualifié ces propos d’« appel au génocide  ».
B. Netanyahu a certes exprimé des réserves à l’égard des déclarations du rabbin mais s’est gardé de les condamner. « Les propos du rabbin ne reflètent pas ma position ou celle du gouvernement israélien  », a déclaré le Premier ministre dans un communiqué.
La formule choisie par Netanyahu est étonnante, car le rabbin n’est pas membre du gouvernement, et il ne fait donc aucun doute que ses propos ne reflètent pas sa position. De plus, Netanyahu s’est gardé de faire la moindre appréciation morale des propos du rabbin Yossef et ce, à trois jours seulement de sa rencontre avec Abou-Mazen à Washington. Le Premier ministre ne l’a pas non plus évoqué avec le président de Shas, Eli Yishaï. Rappelons que depuis un an et demi, le Premier ministre israélien ne cesse d’exiger des Palestiniens de combattre l’incitation à la haine anti-israélienne.