Le Premier ministre, Binyamin Netanyahu, a évoqué hier lors du conseil des ministres l’ouverture attendue des pourparlers directs avec les Palestiniens. Il a admis que ces pourparlers et la nécessité de croire en leur réussite représentent un défi : « On peut comprendre pourquoi il existe un certain scepticisme. Pour y arriver, nous avons besoin d’un véritable partenaire. On peut réussir à parvenir à la paix en tendant la main, mais uniquement si quelqu’un de l’autre côté tend lui aussi la main  », a-t-il dit aux ministres.
Selon le Premier ministre, « s’il s’avère que nous avons un partenaire sincère et sérieux pour des négociations dans le cadre desquelles les deux camps devront prendre les mesures nécessaires, je suis prêt à parvenir rapidement à un accord de paix historique entre les deux peuples  ».
« Cela fait déjà un an et demi que le Premier ministre appelle à entamer des pourparlers directs. Il a fait part de sa satisfaction suite à l’annonce américaine qui précise que les pourparlers se dérouleront sans conditions préalables et a ajouté qu’Israë l souhaite des pourparlers sérieux et compréhensifs Parvenir à la paix est un défi difficile, mais possible. Nous nous lançons dans ces pourparlers avec la volonté véritable de parvenir à un accord de paix entre les deux peuples  », a fait savoir le bureau du Premier ministre dans un communiqué publié après l’annonce de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, concernant la reprise des pourparlers. Le ministre de la Défense, Ehud Barak, s’est lui aussi félicité de l’annonce américaine : « Israë l veut la paix dans la sécurité. Les deux camps devront prendre des décisions courageuses pour parvenir à un accord  », a-t-il déclaré.
Du côté palestinien, le texte de l’invitation à reprendre les pourparlers a provoqué la colère. Selon des responsables palestiniens, Abou Mazen a été furieux d’entendre Hillary Clinton dire que les pourparlers seront menés sans conditions préalables. « Si le gouvernement américain dévie de la déclaration du Quartette, le sommet qui se tiendra début septembre ne sera rien d’autre qu’un dîner de gala  », a déclaré Azam al-Ahmed, un des hauts responsables du Fatah. Les Palestiniens ont fait savoir que la direction de l’OLP était divisée concernant la reprise des pourparlers et que la décision a été prise à une toute petite majorité.
De hauts responsables américains auraient téléphoné à Abou Mazen pour l’apaiser et le convaincre de reprendre les pourparlers. Parallèlement, Saë b Erekat, qui dirige l’équipe de négociation palestinienne, a indiqué que les Palestiniens rejettent la demande israélienne de reconnaître Israë l comme un Etat juif. « Nous reconnaissons qu’Israë l existe dans les frontières de 1967. Vous pouvez l’appeler comme vous le désirez  », a déclaré Erakat à la chaîne al-Arabiya, ajoutant que le gouvernement américain n’avait pas fourni aux Palestiniens de garanties concernant la poursuite du gel de la construction dans les colonies. « Ils nous ont dit que si nous acceptons d’entamer des pourparlers directs, il y a de plus fortes chances que le gel soit prolongé  ». Saë b Erakat a mis en garde que si la construction reprend fin septembre, cela entrainera l’annulation des pourparlers directs.