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Le Guide des Egarés
Par Caroline B. Glick | Jewish World Review - Adaptation française de Sentinelle 5770 ©
Article mis en ligne le 22 août 2010

Les dirigeants d’Israë l seraient préoccupés par une seule question aujourd’hui : Y-a-t-il des circonstances selon lesquelles le président Barack Obama ordonnera àl’armée des USA de frapper les installations nucléaires de l’Iran avant que celui-ci ne développe un arsenal nucléaire ? Depuis le Premier ministre Benyamin Netanyahou jusqu’au bas de l’échelle, les dirigeants d’Israë l soulèveraient cette question avec tous ceux qu’ils contactent. Si cela est vrai, alors il est temps de mettre un terme au suspense pour nos dirigeants.

La réponse est non.

En tout état de cause, il n’y a aucune circonstance suivant laquelle Obama ordonnerait une attaque sur les installations nucléaires de l’Iran pour l’empêcher de développer et de disposer des armes nucléaires. Des exceptions àce constat se classent dans deux catégories. Soit elles sont si improbables qu’elles sont sans importance opérationnelle, soit elles dépendent d’autres facteurs qui condamneraient toute attaque des USA àl’échec.

La preuve de cette conclusion se retrouve dans tous les recoins de la politique étrangère d’Obama. Mais pour le prouver, il suffit de souligner trois aspects de cette politique.

Tout d’abord, Obama refuse de reconnaître qu’un arsenal nucléaire iranien constitue un danger clair et actuel pour la sécurité nationale des USA. Les discussions d’Obama sur les risques d’un Iran nucléaire sont limitées àsa reconnaissance qu’un tel arsenal provoquera une course régionale aux armes nucléaires. Cela est certainement vrai. Mais cette course aux armements a déjàcommencé. L’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Egypte, la Turquie, les Emirats Arabes Unis et le Koweït ont tous annoncé leur intention de construire des réacteurs nucléaires. Dans certains cas, ils ont signé des accords avec des pays étrangers pour construire de telles installations.

Et pourtant, alors qu’une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient est mauvaise, c’est loin d’être le pire aspect du programme nucléaire iranien pour l’Amérique. L’Amérique a deux intérêts stratégiques majeurs au Moyen-Orient. D’abord, les USA ont besoin d’un flux continu du golfe Persique de produits pétroliers abordables pour les marchés mondiaux du pétrole. Ensuite, les USA ont besoin de la capacité de projeter leurs forces dans la région pour défendre leur propre territoire contre les jihadistes dans le monde entier.

Ces deux intérêts sont mis en péril par le programme nucléaire de l’Iran. Si les USA ne veulent pas empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires, ils perdront toute crédibilité comme allié stratégique dans les Etats arabes sunnites de la région. Par exemple, du point de vue saoudien, si les USA ne voulaient pas empêcher les ayatollahs de disposer d’armes nucléaires, ils ne leur seraient pas plus utiles que la Grande Bretagne ou la Chine ou la France. Ce sera juste un autre pays consommateur de pétrole. Il en va de même pour les autres pays producteurs de pétrole dans le Golfe et la région.

La perte de confiance dans les garanties de sécurité des USA les entraînera àrefuser les droits au stationnement de bases pour les forces des USA sur leurs territoires. Cela les conduira aussi probablement às’incliner face àla volonté iranienne pour la fixation du prix du pétrole via des coupures de fourniture. A cette aune, le programme nucléaire iranien constitue la plus grande menace jamais posée au statut de superpuissance des USA dans cette région, et au bien-être de l’économie américaine.

Ensuite il y a la menace directe que constitue le programme nucléaire de l’Iran pour la sécurité nationale des USA. Cette menace augmente àce jour alors que le réseau d’alliances stratégiques de l’Iran s’étend en Amérique du Sud sans remise en cause de la part des USA. Aujourd’hui, l’Iran bénéficie d’alliances militaires avec le Venezuela, le Nicaragua, l’Equateur, le Brésil et la Bolivie.

Comme l’ancien ambassadeur des USA àl’ONU John Bolton l’a souligné, au moins les soviétiques ne croyaient pas en D.ieu. Les athées ne sont pas pressés de mourir puisque la mort ne peut apporter aucune récompense dans le monde àvenir. Les dirigeants de l’Iran sont des jihadistes apocalyptiques. Avec les alliances de l’Iran en Amérique du Sud et les progrès de l’Iran en matière de missiles balistiques intercontinentaux, la perspective d’un Iran doté d’armes nucléaires fait paraître la crise des missiles de Cuba comme une promenade dans un parc.

Face àcette menace grave et convergente, Obama a annulé les plans de déploiement de boucliers de missiles antibalistiques en Pologne et en Tchéquie. Il a négligé les gouvernements pro-américains du Honduras et de Colombie, leur préférant le Nicaragua et le Venezuela. Il a fait grand accueil àla Maison Blanche au président anti-américain du Brésil. Il a annulé les F-22.

Le fait qu’Obama ne parvienne pas àidentifier le danger d’un arsenal nucléaire iranien pour les USA ne prouve pas en soi qu’Obama n’attaquerait pas les installations nucléaires de l’Iran. Après tout, les USA ont combattu dans beaucoup de guerres et lancé des campagnes innombrables dans leur histoire, contre des ennemis qui ne posaient pas de menace directe aux USA. Dans la plupart de ces cas, les USA ont combattu au nom de leurs alliés.

Dans le cas du programme nucléaire de l’Iran, parce que les Iraniens ont ouvertement placé Israë l en tête de leur liste de cibles, le débat aux USA autour du programme nucléaire de l’Iran s’est ancré autour de la question de la sécurité nationale d’Israë l. Les USA devraient-ils attaquer les installations nucléaires de l’Iran pour défendre Israë l ?

Etant donnée la manière faussée selon laquelle le débat a été cadré, la réponse àcette question repose sur l’opinion d’Obama sur Israë l. Trois décisions récentes d’Obama et de ses conseillers montrent clairement qu’Obama voit Israë l d’un mauvais Å“il. Il ne considère Israë l ni comme un allié crédible ni comme une démocratie crédible.

D’abord il y a le caractère de l’assistance militaire actuelle àIsraë l et àses voisins. Au cours des mois récents, le gouvernement Obama a bruyamment annoncé son intention de continuer son travail conjoint avec Israë l pour le développement et le déploiement de boucliers anti-missiles défensifs. Deux choses sont remarquables dans ces programmes. D’abord, ce sont des initiatives conjointes. Alors qu’Israë l bénéficie du financement des USA, les USA y gagnent la technologie israélienne dont ils manqueraient autrement. Ensuite, comme la revue ‘Globes’ l’a rapporté la semaine dernière, l’administration Obama a vraiment réduit le financement des USA pour ces programmes. Par exemple, le financement du programme de missiles antibalistiques Arrow 3 – destiné àservir de système défensif israélien de première intention contre des missiles balistiques iraniens – a été réduit de 50 millions de $.

Le caractère défensif de tous ces programmes signale l’absence de soutien américain pour le maintien d’une capacité israélienne de frappe préventive contre ses ennemis. Si l’on ajoute àtout cela le refus du Pentagone de permettre àIsraë l d’installer ses propres systèmes d’avionique sur la prochaine génération d’avions de guerre F-35, il est difficile d’argumenter pour le soutien des USA àune avance technologique d’Israë l sur ses ennemis d’une manière tangible.

Une évaluation suivant laquelle les USA ont abandonné leur engagement dans l’avance qualitative d’Israë l est renforcée par l’annonce du gouvernement américain cette semaine de son plan de vente àl’Arabie saoudite d’une grande quantité d’avions supersoniques de combat F-15 et F-16 pour un montant estimé à30 milliards de $. Alors que les USA ont promis de retirer des systèmes des avions saoudiens qui constituent une menace directe pour Israë l, lorsque ces supersoniques arriveront dans le royaume, les Saoudiens seront en mesure d’en faire tout ce qu’ils veulent. Si l’on ajoute àcette équation la réduction de la stature régionale des USA àl’ère nucléaire iranienne, il est clair que ces garanties ont une faible signification.

Les décisions d’Obama de réduire la capacité offensive d’Israë l et de ralentir son acquisition de systèmes défensifs va de pair avec son rejet du droit d’Israë l àl’autodéfense et àson attitude méprisante àl’égard du respect de la loi en Israë l. Ces positions ont été fortement démontrées dans le traitement d’Israë l par son gouvernement àla suite de la prise de contrôle par Tsahal du bateau terroriste turco-Hamas Mavi Marmara le 31 mai.

Face àcette démonstration évidente d’agression turque contre Israë l alors qu’il maintenait son blocus maritime légal de la côte de Gaza contrôlée par le Hamas, Obama a pris le parti de la Turquie et du Hamas contre Israë l. Obama a exigé qu’Israë l mène l’enquête sur sa prise en charge de l’incident. De plus, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a proclamé qu’Israë l était incapable de mener lui-même sa propre enquête de façon crédible et a donc exigé qu’Israë l ajoute des membres non israéliens au comité d’investigation.

Pourtant même l’acceptation par Israë l de cette humiliation des USA était insuffisante pour Obama. Son envoyée àl’ONU, Susan Rice, a alors exigé qu’Israë l accepte un panel d’enquête de l’ONU chargé de vérifier si la commission israélienne avait bien fait son travail. Et si le panel de l’ONU rejetait les données de la commission israélienne, il était investi pour entamer sa propre investigation.

Comme pour l’ONU, les anciens officiels des gouvernements Clinton et Obama Ray Takeyh et Steven Simon ont expliqué dans un article du ‘Washington Post’ la semaine dernière que la stratégie de sécurité nationale d’Obama tourne effectivement autour de la subordination de la politique de sécurité nationale des USA àl’égard du conseil de Sécurité de l’ONU. Dans le scénario lointain qui déciderait Obama àutiliser la force contre l’Iran, son obséquiosité vis-à-vis de l’ONU éliminerait toute possibilité d’une attaque surprise.

Bien qu’en théorie la capacité de l’armée américaine de frapper les installations nucléaires de l’Iran soit bien plus grande que celle d’Israë l, étant donnée son incapacité pratique àlancer une attaque surprise, en pratique elle pourrait être bien inférieure.

Tous ces facteurs constituent une immense preuve qu’il n’existe pas de circonstances concevables selon lesquelles Obama donnerait l’ordre d’une frappe des USA sur les installations nucléaires de l’Iran pour empêcher le développement de ses armes nucléaires.

Et cette réalité doit conduire les dirigeants israéliens àtrois conclusions séparées.

La première et la plus urgente, Israë l doit attaquer les installations nucléaires de l’Iran. Les ambitions nucléaires de l’Iran doivent être repoussées au moins jusqu’en 2017, la dernière date où un nouveau gouvernement américain – et peut-on espérer plus national – sera certainement en fonction.

Ensuite, étant donné que les USA ne prendront pas de mesure contre les installations nucléaires de l’Iran, il n’y a aucune raison pour qu’Israë l capitule sous la pression des USA sur des questions plus mineures. Le gouvernement Obama n’a rien àoffrir àIsraë l contre la menace la plus importante et donc Israë l ne doit rien faire pour renforcer la position [d’Obama]. Entre autres choses, cette conclusion a de claires implications pour la construction juive en Judée, Samarie et àJérusalem, sur les réponses futures d’Israë l àl’agression libanaise, de même pour la coopération poursuivie d’Israë l dans les enquêtes de l’ONU sur le bateau terroriste turco-Hamas.

Enfin, le comportement d’Obama est une indication claire qu’Israë l a eu tort de se permettre de devenir militairement dépendant des plateformes militaires des USA. L’ancien ministre de la défense Moshe Arens a écrit récemment qu’Israë l doit fortement envisager d’abandonner des plans d’achat des F-35 et restaurer le projet d’avion de combat àréaction ‘Lavi’ pour activer son développement. Arens a suggéré qu’en procédant ainsi, Israë l pourra trouver une coopération avec les Indiens, les Français et même les Russes.

Non, les USA ne sont pas devenus les ennemis d’Israë l – bien que le gouvernement Obama ait sà»rement pincé la corde adverse. Les données de sondages suggèrent que la majorité des Américains sont en désaccord avec le traitement d’Israë l par Obama et reconnaissent que l’Iran est une menace pour les USA.

Mais sondages mis àpart, la réponse aux questions désespérées d’Israë l, c’est que cela dépend de nous. Si le gouvernement Obama nous enseigne quelque chose, il nous apprend que nous devons d’abord et avant tout compter sur nous-mêmes.


http://jewishworldreview.com/0810/glick081310.php3


Note du traducteur :

 

Dès le 13 aoà»t, celle que je considère comme une vériatble prophétese des temps modernes, Caroline Click écrivait dans lon éditorial du Jérusalem Post, je cite :

"Cette réalité doit conduire les dirigeants israéliens àtrois conclusions séparées.

La première et la plus urgente, Israë l doit attaquer les installations nucléaires de l’Iran. Les ambitions nucléaires de l’Iran doivent être repoussées au moins jusqu’en 2017, la dernière date où un nouveau gouvernement américain – et peut-on espérer plus national – sera certainement en fonction".

Les ’négociation de paix’, qui vont reprendre àWashington sous la pression de Barack Obama qui veut redorer son blason en s’offrant un succès diplomatique sur le dos des Israéliens, n’ont aucune chance d’aboutir. Mahmoud Abbas ayant déjàprévenu que "dès que la colonisation reprendrait, il romprait les négociations". cet épisode n’est donc qu’un rideau de fumée qui permettra àl’Iran de poursuivre son avance atomique.

Comme l’ont souligné les dirigeants israéliens dès hier, 21 aoà»t, la mise en route de l’installation nucléaire de Busher est "totalmeent inacceptable".

Simon Frajdenrajch, analyste