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Les juifs de diaspora - leur lien et leur rôle face àIsraë l
Par Serge Mazouz. Pour aschkel.info et lessakele
Article mis en ligne le 15 juillet 2010

Tous ceux qui sont concernés par le sort d’Israë l auront été marqués en ce printemps 2010 par deux évènements consécutifs : la publication de l’appel Jcall , le 1er mai suivi un mois plus tard le 1er juin par l’arraisonnement de la pseudo-flotille humanitaire au large de Gaza ;

Deux incidents àpriori sans lien apparent mais qui reflètent la même réalité.

L’affaire du Mavi-Marmara a quelque peu fait passé au second plan JCall : certains ont pu s’en réjouir , je ne suis pas de cet avis.

Le manifeste de Bruxelles est un incident grave qui dénote un vrai malaise et va laisser des traces .

Il conduit àdes raidissements , àdes prises de positions dictées par l’émotion et non par la réflexion , ce qui est toujours dommageable.

C’est ainsi que nous avons pu assister ces derniers jours àdes polémiques qui ne servent pas la cause que leurs initiateurs croient défendre : des attaques personnelles mesquines , le dénigrement et la déformation de certains propos ne peuvent tenir lieu de débat..

Ces controverses ont toutefois le mérite de souligner les problématiques du rôle des juifs de diaspora et de l’image d’Israë l dans l’opinion européenne :

Les juifs de diaspora et leur lien àIsraë l

Je suis Juif de Diaspora et n’ai pas fait mon alyah , je n’ai pas l’intention de m’en excuser d’ailleurs . Cependant je n’autorise personne ànier mon attachement àl‘Etat hébreu (comme Juif et pas comme israélien...)

Ai-je le droit d’avoir un avis , une opinion sur ce qui se passe en Israë l ? àmon sens, oui .

Dois-je exprimer cette opinion comme n’importe quelle autre opinion ? non !

En tant que juif vivant en diaspora , non soumis aux obligations militaires pour moi ou mes enfants ni au stress permanent engendré par la situation , un DEVOIR DE RESERVE s’impose àmoi , je dois faire attention àce que je dis et écrit et surtout essayer de comprendre la situation de ceux qui vivent là-bas , en Eretz Israë l .

C’est ce que n’ont pas compris les signataires de JCall mais ce devoir de réserve ne signifie pas l ’indifférence , le suivisme ou la passivité . Il existe bien d’autres façon d’exprimer un avis que de signer un texte ou apparait le terme inqualifiable de « ã€€faute morale  ». Mais Marek Halter a déjàbrillamment répondu aux signataires.(1)

Pour autant , ce serait une erreur de considérer comme l’ont fait certains que des figures comme Alain Finkielkraut , Bernard-Henri Lévy ou Georges Bensoussan soient devenus des adversaires : leur attachement àIsraë l ne peut être nié par quiconque . Je considère que leur signature au bas de ce texte est une erreur mais leur conserve mon respect.

Nous devons garder toute notre énergie , toute notre opiniâtreté àl’encontre de nos adversaires, les vrais .

2)

le rôle des juifs en diaspora face àIsraë l

Dans la mesure où ils ne sont pas citoyens israéliens , ne votent pas et ne font pas l’armée, leur rôle en Israë l est nul. Croire le contraire serait dérisoire et méprisant pour les israéliens.

Mais en diaspora ? A une époque où la politique des Etats se fait plus dans les médias et l’opinion que dans les chancelleries , devons nous rester muets ou passifs ?

Il nous appartient de défendre l’image de l’Etat Juif et l‘aider dans son combat indépendamment du choix de ses gouvernants qui est du ressort de la démocratie israélienne .

Comment ?

Certainement pas avec des arguments polémiques ou insultants : ce genre de rhétorique fait peut-être plaisir àune partie de la communauté juive en diaspora ( a t’elle besoin d’être convaincue ?) mais est inaudible par le public français voire européen.

Inaudible.

c’est en parlant le langage commun , en développant des arguments clairs qui peuvent éveiller l’attention de nos interlocuteurs sans les renvoyer àune dialectique de combat ou de mysticisme que nous réussirons àmodifier leur perception de la situation.

D’aucun me répondront que cela ne sert àrien , que nos ennemis sont irréductibles : je ne suis pas d’accord .

Peut-être pêcherai-je par optimisme mais je continue de penser que le dialogue et l’information quand ils sont bien conduits peuvent faire des merveilles .

Et concernant la communication, il n’est qu’àconstater comment les palestiniens ont réussi au delàde leurs espérances àtransformer leur image dans l’opinion.

L’épisode du Marmara nous montre l’impact majeur sur l’opinion des images véhiculées par la télévision ou Internet . Les sous-estimer serait une grave erreur. Nous assistons àce que j’ai déjàqualifié d’Intifada médiatique.

Le discours , la teneur des propos utilisés par les amis d’Israë l doivent changer.

Assez de slogans futiles , assez d‘incantations.

La défense d’Israë l est une noble cause : elle doit passer par une argumentation claire , précise, documentée et il est toujours possible de réfuter une thèse sans tomber systématiquement dans l’invective surtout vis-à-vis de son propre camp….

Notre combat est bon , notre combat est juste , nous devons le défendre par la communication qu’il mérite.

 

Serge Mazouz

« ã€€la Guerre des juifs  » par Marek Halter - le Monde du 20/05/2010