Quatre ans après la fin de la deuxième guerre du Liban, le Hezbollah détient des milliers de caches où sont entreposées des roquettes, dans près de 160 villages chiites au Liban sud. Une bonne partie de ces caches se trouvent dans des maisons privées appartenant à des familles chiites. Tsahal a révélé hier un petit bout des renseignements qu’il possède sur le déploiement du Hezbollah dans le Liban sud. Si à l’époque de la deuxième guerre du Liban, la plupart des combats ont eu lieu dans les « réserves naturelles  » – des zones densément couvertes de verdure autour des villages – depuis quatre ans, l’organisation a construit l’essentiel de ses infrastructures dans les 160 villages chiites de la région.
Le Hezbollah peut difficilement agir ouvertement et construire une infrastructure à l’extérieur de ces villages en raison des opérations de la Finul en application de la résolution 1701. Les représentants de la Finul ont en revanche du mal à faire respecter cette résolution à l’intérieur des villages chiites, et plusieurs incidents violents ont éclaté ces derniers jours alors que les habitants leur interdisaient l’entrée dans leur village, avec les encouragements du Hezbollah.
Chaque village fonctionne comme une unité militaire chargée d’une zone précise et possédant des entrepôts d’armes : notamment des roquettes de courte et de moyenne portée ; des postes de communication et de contrôle qui sont reliés au réseau privé de communication du Hezbollah ; des bunkers souterrains ; et enfin, des trous creusés dans la terre dans lesquels des charges explosives ont été posées qui ont vocation à être actionnées contre les forces de Tsahal en cas de guerre.
Dans chaque village, une unité de 30 à 200 combattants du Hezbollah est déployée. Tsahal estime que Le Hezbollah pourrait lancer sur Israë l entre 600 à 800 roquettes par jour en cas de guerre.
Hier, Tsahal a révélé les renseignements qu’il détient sur l’un de ces villages, Al-Hiyam, 23.000 habitants, situé à 7 kilomètres de la frontière israélienne. Dans les cartes qu’il a publiées, on voit une dizaine de caches d’arme, disséminées parmi des établissements civils, parfois à plusieurs dizaines de mètres d’écoles et d’hôpitaux.