Le plan prévu par Benyamin Netanyahou et Ehud Barak pour endiguer les conséquences du raid israélien sur la flottille à destination de Gaza a échoué. Cette semaine, Jacob Tirkel, qui préside la commission d’investigation, négocie un accord avec le Premier ministre et le Ministre de la défense pour élargir les compétences du panel.
Cette annonce représente le début d’une pente glissante qui pourrait entraîner Netanyahou et Barak plus loin qu’ils ne l’envisageaient. Le plan originel du gouvernement appelait à séparer l’enquête en deux, la substance (dangereuse) restant coincée entre les deux.
Le mandat de la commission Tirkel était délibérément conçu pour n’avoir aucun pouvoir : un groupe de chercheurs qui devait mener un débat pour savoir si le raid était ou non en accord avec le droit international. Tandis que la commission Goldstone enquêtait sur la guerre de Gaza de l’année dernière, Barak sanctifiait le principe qui laissait les soldats hors des investigations.
Le Ministre de la défense peut ainsi être fier que la commission Tirkel ait maintenu le halo de sainteté qui entoure ce principe. Mais le panel Tirkel ne va pas renouveler les errements de la commission Winograd, dont l’enquête sur la seconde guerre du Liban avait trainé en longueur : le raid sur la flottille est bien moins complexe, et les failles sont moins sérieuses. Et il semble que l’enquête soit moins agréable pour Netanyahou et Barak que ce qu’ils avaient prévu.