Le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, poursuit ses efforts destinés à mettre en place un groupe international pour enquêter sur les événements de la flottille. Des officiels au siège de l’ONU à New York ont affirmé hier que l’initiative de M. Ban reste d’actualité et ce, malgré la décision du gouvernement israélien qui a approuvé hier la mise en place d’une commission de vérification des événements de la flottille. Cette commission, présidée par l’ancien magistrat Yaakov Tirkel, comprendra deux observateurs étrangers.
Selon ces responsables des Nations-Unies, le secrétaire général est en contact avec les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et consulte d’autres acteurs internationaux pour créer une « instance internationale  » qui enquêtera sur l’assaut lancé par Tsahal contre le navire Marmara. Il ne s’agit cependant pas d’une enquête semblable à celle de la commission Goldstone puisque les conseillers de Ban Ki-Moon envisagent la formation d’une équipe de trois à cinq experts pour enquêter sur l’assaut.
Au terme d’une réunion de trois heures, le gouvernement a approuvé hier à l’unanimité la création de la commission Tirkel. Le Premier ministre Netanyahu a toutefois indiqué que l’on peut craindre que les tentatives de mettre en place une commission internationale se poursuivent. Une des raisons à cela est le fait que la Turquie a immédiatement rejeté la commission israélienne. « Nous n’avons pas confiance et ne croyons pas que l’enquête sera impartiale  », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui a réclamé que l’enquête soit « sous supervision de l’ONU  ».
L’autre motif de ces craintes est que le gouvernement américain ne s’est pas engagé, lors de ses pourparlers avec Israë l, à opposer son veto si le Conseil de sécurité venait à créer une commission d’enquête internationale. Les Américains se sont juste engagés à publier un communiqué faisant l’éloge des procédures d’enquête de Tsahal. Le porte-parole du Département d’Etat américain, Philip Crowley, a déclaré hier que la création de la commission israélienne est « un pas important dans le bon sens. Nous croyons qu’en tant que gouvernement, Israë l a les institutions et les moyens nécessaires pour mener une enquête crédible, transparente et impartiale  ». L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations-Unies, Susan Rice, a déclaré en fin de semaine que si une enquête est mise en place par l’ONU, les Etats-Unis n’y prendront pas part.
Les vingt-sept ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne était réunis hier à Luxembourg pour débattre de leur réaction officielle au blocus israélien de la bande de Gaza et à l’enquête israélienne. L’émissaire du Quartette au Proche-Orient, Tony Blair, a déclaré : « La question de l’enquête continue à faire l’objet d’une forte controverse politique, mais l’enquête israélienne est certainement un pas dans le bon sens  ».