Au terme d’intenses échanges de vues entre Washington et Jérusalem, Binyamin Netanyahou et Ehud Barak se sont rangés à la proposition du président Barak Obama, à savoir la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale indépendante. Celle-ci sera composée d’experts qui font autorité sur la place mondiale. Sa mission : faire toute la lumière sur le déroulement des événements qui a mené à l’échauffourée meurtrière.
Nous l’avions laissé entendre ici même, dans un précédent éditorial, Israë l a tout à gagner dans une telle nomination. Et d’une, parce que les prises de vues aériennes diffusées sur l’intervention de l’unité israélienne sur le pont supérieur du Mavi Maramis – auxquelles se sont ajoutées, hier, celles des caméras placées sur le bateau – ne laissent planer aucun doute sur les auteurs réels de l’affrontement.
Et de deux, parce qu’elle évite une commission d’enquête onusienne de la commission des droits de l’homme onusienne, type Goldstone, réclamée par les pourfendeurs traditionnels de l’Etat hébreu (mais pas seulement hélas…), dont la mission a été tracée à l’avance : prouver la culpabilité israélienne.
Enfin, l’initiative américaine retire également une épine du pied et de Binyamin Netanyahou et d’Ehud Barak. Selon la formulation même de la décision du Conseil de sécurité, latitude était donnée à Jérusalem de nommer sa propre commission d’enquête, à condition que celle-ci réponde aux critères internationaux en la matière. Donc, une commission d’enquête publique, totalement indépendante du pouvoir, dont les membres sont désignés par la présidente de la Cour suprême. Or, une commission de ce type enquête non seulement sur les événements en soi, mais aussi sur le processus de prise de décision à l’échelon politique. Et elle a pouvoir de sanctionner, c’est-à -dire de contraindre, si besoin est, un ministre à la démission, et peu importe son rang. C’est suite à une telle décision, par exemple, qu’Ariel Sharon a dà » démissionner du ministère de la Défense, en 1983.
Or, au niveau politique – et les médias israéliens le soulignent avec force – il y a eu court-circuitage. Binyamin Netanyahou et Ehud Barak, n’ont pas consulté au niveau ministériel. Si le cabinet ministériel a été informé, le Forum des sept a été, lui, ignoré. Et même, aussi bien le cabinet sécuritaire que le Forum des sept (regroupant Netanyahou, Barak, Lieberman, Ayalon, Begin, Ichaï, Meridor) ne peuvent que recommander, seule une décision du gouvernement a force de loi. Qui lui, n’a pas été convoqué !—