Au lendemain de l’annonce iranienne selon laquelle un accord sur l’enrichissement d’uranium en dehors de ses frontières a été signé, les débats sur de nouvelles sanctions contre l’Iran se sont ouverts au Conseil de sécurité. Le nouveau projet de résolution comprend une surveillance des transferts de fonds, un suivi des navires de la marine marchande et un boycott sévère des Gardiens de la Révolution, mais ne comprend pas l’élément qu’Israë l espérait : un boycott des exportations de pétrole iranien.
« C’est là la meilleure réponse que nous pouvions apporter aux dernières démarches iraniennes  », a déclaré la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton. « L’objectif de ce projet de résolution est d’augmenter le prix que paient les dirigeants iraniens pour leur programme nucléaire. Téhéran doit comprendre que l’arrêt du programme nucléaire est, avant toute chose, dans son intérêt  », a expliqué quant à elle l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, au terme de la réunion d’hier.
Malgré ces déclarations fermes, la volonté de créer un consensus entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité a fait naître un projet de résolution qui, même s’il est adopté, a peu de chances de provoquer un changement de politique de la part de l’Iran. En effet, au-delà de nouvelles restrictions concernant le commerce avec l’Iran et les transferts de fonds vers ce pays, le projet n’appelle pas à interdire les exportations de pétrole iranien ni les importations de gaz vers l’Iran, deux éléments qu’espérait Israë l mais que les Chinois et les Russes ont fermement rejeté.
On ne sait pas encore quand la nouvelle proposition sera soumise au vote des quinze pays membres du Conseil de sécurité, mais on estime qu’il faudra attendre plusieurs semaines au minimum. « L’objectif de ces sanctions est de convaincre les Iraniens de s’asseoir à la table des négociations  », a déclaré l’ambassadeur chinois à l’ONU, Li Baodong. Le Brésil qui, il y a quelques jours à peine, célébrait la conclusion du nouvel accord avec l’Iran, s’oppose lui aux sanctions.
En Israë l on était déçu hier de la nouvelle proposition. « Il s’agit d’un texte dilué et édulcoré qui prouve aux Iraniens qu’ils ont eu raison de croire que le monde est incapable de s’unir autour d’une résolution imposant des sanctions paralysantes et sévères. Seule l’application de sanctions dans le domaine de l’énergie peut avoir un effet sur les dirigeants iraniens  », a déclaré le président de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, Tzahi Hanegbi.