JCall viendra au secours des ennemis d’Israë l
Au moins, Daniel Cohn-Bendit s’est révélé : après des décennies où il se proclamait confusément Français ou Allemand, il a finalement reconnu sa judéïté. Malheureusement, c’était pour la mauvaise cause. Apparemment, quelques 3.000 intellectuels juifs européens ou plus, certains réels, d’autres autoconsacrés, ont signé une pétition titrée « Appel à la Raison  » - Call for Reason – « avertissant qu’un soutien total au gouvernement israélien est dangereux  ».
On peut présumer que beaucoup, peut-être la plupart des signataires, y compris des lumières aussi connues que Bernard-Henri Levy et Alain Finkielkraut (ainsi que M. Cohn-Bendit), se considèrent comme des amis d’Israë l, alors que d’autres peuvent penser qu’ils font le bon geste par humanité - ce qui leur confère, croient-ils par hypothèse, le droit de prétendre savoir mieux que la majorité des Israéliens quels doivent être les vrais intérêts de l’Etat d’Israë l.Â
Evidemment, la démocratie et la volonté du Peuple n’ont pas beaucoup d’importance pour eux, au moins en ce qui concerne l’Etat d’Israë l. Selon les articles de presse, l’organisation qu’ils ont mise en place, «  Jcall  » veut prendre modèle sur l’américaine «  J Street  » - dans la presse récemment pour avoir dénigré Elie Wiesel pour sa position sur Jérusalem.
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La personne derrière cette nouvelle initiative serait rien moins que le Pr. à l’Université de Tel Aviv et ancien ambassadeur travailliste israélien en France, Elie Bar-Navi, ce qui pose la question non seulement au sujet de certains conférenciers dans nos universités, mais plus sérieusement, sur le type de personne qui peut parfois être nommée pour représenter Israë l à l’étranger.
La question n’est pas que des Juifs israéliens ou non israéliens critiquent ceci ou cela dans la politique du gouvernement d’Israë l, y compris les implantations et tout autre chose – mais que ces gens-là , soit par naïveté et ignorance, ou peut-être du fait d’une haine viscérale du dirigeant que les Israéliens ont choisi pour Premier ministre, jettent délibérément de l’huile sur le feu de la campagne anti-Israë l et antijuive qui se répand autour du monde, y compris dans de nombreux pays de l’Europe occidentale dans lesquels ils résident.
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Le gouvernement actuel, comme tous ses prédécesseurs, a pris des mesures importantes et souvent difficiles pour faire avancer la paix avec les Palestiniens, parmi lesquelles certaines font encourir des risques potentiels pour la sécurité du pays, alors que la direction palestinienne supposée modérée de Mahmoud Abbas n’est pas même prête à reconnaître le droit du Peuple juif à son propre Etat.
Ces intellectuels juifs croient-ils vraiment que la menace d’un Iran accédant rapidement au nucléaire qui ne fait pas mystère de son intention d’effacer Israë l de la face de la terre, ou la campagne de délégitimation de l’Etat d’Israë l, et dans certains cas même l’existence même du Peuple juif, ont quelque chose à voir avec les quelques 1.600 nouveaux logements planifiés dans un quartier juif de Jérusalem ou avec les implantations qui couvrent moins de 5 % des «  territoires  »Â ?
Comme l’ont commenté Ray Takeyh, membre senior du Conseil pour les Relations Extérieures et d’anciens officiels américains de haut rang tels Richard Haas and Aaron Miller, qui furent étroitement impliqués pendant de nombreuses années dans les tentatives de faire avancer le processus de paix, mettre la pression sur Israë l en ce moment, non seulement ne contribuera pas à la paix, mais va rendre certainement les Iraniens encore plus inébranlables et extrémistes qu’auparavant.
Après tout, quel a été l’effet sur la paix ou sur les desseins et actes agressifs de l’Iran et ses vassaux le retrait unilatéral d’Israë l de Gaza – y compris des milliers de roquettes du Hamas pleuvant sur les citoyens israéliens ?
Quelles que soient ses intentions, le seul résultat possible de J Call sera de secourir les ennemis d’Israë l, et au lieu de renforcer l’unité dont les Juifs ont toujours besoin pour vaincre les menaces auxquelles ils sont confrontés, de les diviser. La mémoire est courte ; dans les années précédant les Deuxième Guerre Mondiale, il y avait ces intellectuels juifs (de même que certains rabbins) qui fustigeaient le Mouvement Sioniste d’avertir les Juifs d’Europe de l’holocauste qui approchait.
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Alors qu’un Etat d’Israë l puissant et uni, avec le soutien, espérons-le, d’une majorité de l’opinion mondiale éclairée, est déterminé à ne jamais permettre qu’une telle chose se produise de nouveau, des Juifs ne peuvent se permettre de se commettre dans des récriminations blessantes.
Mais certaines personnes apparemment n’apprennent jamais. Nombre de livres récents nous ont rappelés que Hannah Arendt a défendu le philosophe nazi Martin Heidegger en dépit de son engagement dans les desseins haineux de Hitler contre les Juifs. La déclaration peu sincère du fondateur de J Call, David Chemla, «  Nous ne disons pas que seul Israë l est responsable du problème  » (à savoir l’absence de progression du processus de paix) – impliquant ainsi que dans l’ensemble il l’est – ne peut que nous rappeler que la ci-dessus Arendt accusant certains de ses compagnons juifs d’avoir été en partie eux-mêmes responsables de ce qui leur est arrivé.
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Heureusement, bien que cela n’ait pas été rapporté par des media internationaux ou de la Gauche israélienne, un nombre bien plus grand d’intellectuels juifs européens et de personnalités publiques, conduites par le Pr. Trigano et un membre du Parlement italien, Fiamma Nierenstein, ont rapidement signé une contre-pétition, condamnant ce jeu du blâme unilatéral contre Israë l.
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L’auteur est l’ancien ambassadeur d’Israë l aux USA, et il dirige actuellement le forum du Premier ministre des Relations USA - Israë l.
http://www.jpost.com/Opinion/Op-EdContributors/Article.aspx?id=175945