Israë l a empêché hier l’entrée du linguiste et militant de gauche juif-américain Noam Chomsky, qui prévoyait d’effectuer une visite de quelques jours en Cisjordanie. Selon Mustafa Barghuti, le parlementaire palestinien qui avait invité Noam Chomsky, des responsables israéliens ont fait savoir à ce dernier que son entrée est interdite à cause de ses opinions et des critiques qu’il a émise à l’encontre d’Israë l. « Je suis surpris du niveau de bêtise des Israéliens  », a déclaré Chomsky.
Il s’avère que c’est la responsable des postes-frontières au ministère de l’Intérieur qui a donné l’ordre de refouler Noam Chomsky. Le ministère a toutefois fait savoir qu’elle avait outrepassé ses compétences et a été réprimandée.
En effet, les visas des personnes qui entrent directement en Cisjordanie ne sont pas traités par le ministère de l’Intérieur mais pas les autorités militaires. Par conséquent, l’ordre de refouler Noam Chomsky a été donné par erreur et le ministère de l’Intérieur a l’intention de lever l’interdiction.
Selon Mustafa Barghuti, les démarches en vue de la venue de Noam Chomsky dans les territoires ont commencé il y a déjà quatre mois. Celui-ci devait séjourner en Cisjordanie quatre jours, à l’invitation de l’université de Bir-Zeit et de l’Initiative nationale palestinienne. Il devait également donner une conférence sur la politique américaine.
Mais à son arrivée au pont Allenby, en provenance d’Amman, Noam Chomsky a été retardé pendant plusieurs heures. « Il est arrivé vers onze heures du matin en compagnie de sa fille et de plusieurs autres accompagnateurs. A sa grande surprise, on l’a fait attendre pendant cinq heures au terme desquelles on lui a fait savoir que l’entrée lui était refusée par le ministère israélien de l’Intérieur. On lui a dit que les raisons de ce refus sont les opinions qu’il a exprimées et son intention de venir faire une conférence chez nous  », raconte Mustafa Barghuti.
« Le ministère de l’Intérieur a probablement eu vent du fait que Noam Chomsky demandait à se rendre à l’université de Bir-Zeit pour y faire une conférence qui risquait d’échauffer les esprits. Quelqu’un a semble-t-il décidé de manière arbitraire que son entrée n’était pas nécessaire et a décidé de l’interdire. Cette décision semble avoir causé plus de dommages qu’autre chose d’autant plus qu’en fin de compte, il devrait être admis  », a expliqué un responsable des services de sécurité.