Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, qui a effectué cette semaine une visite à Beyrouth, a déclaré à son retour, lors d’une conversation privée, qu’au Liban on est « totalement paniqué  » par la possibilité qu’Israë l attaque le pays et qu’une nouvelle guerre se déclenche. Cette panique fait suite aux informations selon lesquelles la Syrie aurait fourni des missiles Scud au Hezbollah. Des diplomates ont cependant affirmé au Haaretz que plusieurs services de renseignement occidentaux se sont dits incapables de vérifier « de manière autonome  » ces informations concernant les missiles.
Selon ces diplomates occidentaux de haut rang, les vérifications effectuées par plusieurs services de renseignement n’ont pas démontré avec certitude que les missiles ont été livrés. Selon eux, les renseignements américains sont les seuls à avoir obtenu leurs propres informations, mais celles-ci indiquent uniquement que des membres du Hezbollah sont formés en Syrie à la manipulation de missiles Scud et non que les missiles aient été livrés.
C’est la publication des ces informations dans la presse qui a causé ce sentiment de panique au Liban, décrit par le ministre égyptien des Affaires étrangères. A cours de la même conversation, celui-ci a expliqué qu’ayant constaté la forte inquiétude qui régnait à Beyrouth, il a immédiatement adressé des lettres à la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et à plusieurs de ses homologues européens, leur demandant d’intervenir rapidement auprès d’Israë l pour empêcher toute escalade face au Liban.
Ahmed Aboul Gheit a ajouté qu’au Liban et dans la plupart des pays arabes, on estime que les missiles n’ont pas été livrés au Hezbollah. « Ce n’est pas logique. Ce sont de gros missiles qu’on ne peut pas cacher  », a-t-il déclaré. Selon lui, les informations publiées dans la presse concernant les missiles donnent l’impression qu’Israë l cherche un prétexte pour déclencher une nouvelle guerre au Liban.