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Le ministre égyptien des Affaires étrangères qualifie Israë l d’ "ennemi" et souligne la force des liens avec la Syrie : "Nous devons renforcer l’isolement d’Israë l"
MEMRI Middle East Media Research Institute
Article mis en ligne le 28 avril 2010



Ces derniers jours, l´Égypte a durci le ton face àI sraë l, et exprimé sa solidarité vis-à-vis du Liban et de la Syrie. Lors d´une visite surprise àBeyrouth, le 24 avril 2010, le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmad Abou Al-Gheit a déclaré que l’affirmation israélienne selon laquelle la Syrie aurait transféré des missiles Scud au Hezbollah constituait un "grand mensonge", précisant que l’Egypte se tiendrait aux côtés de la Syrie et du Liban en cas d’attaque israélienne.

En réponse àune question, Abou Al-Gheit a en outre souligné que l’Egypte n’était pas venu transmettre un message de "l’ennemi" (en référence àIsraë l) àun une "sÅ“ur" (le Liban). [1] Il a également déclaré que, bien qu’aucune date n’ait été fixée àune rencontre entre Assad et Moubarak, le président syrien était toujours le bienvenu en Egypte [2]. 
 


Un éditorial publié dans le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram deux jours plus tard appelait les pays arabes àisoler Israë l, prévoyant un "développement important" des relations entre l’Egypte et la Syrie dans les jours àvenir. Extraits de l’éditorial : [3] 



Israë l : l’ennemi ; le Liban : une soeur 



"L’Egypte a fait preuve d’un grand sens des responsabilités, s’est empressé d’exprimer sa solidarité àl’égard du Liban et de souligner que les discours sur l’envoi clandestin de Scud au Liban n’était qu’un ridicule mensonge. Le Caire s’est hâté de dépêcher son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Abou Al-Gheit [àBeyrouth], non pour transmettre un message d’éléments non-arabes au Liban, mais pour transmettre des messages du Liban àd’autres éléments, notamment Israë l. [Interrogé àce sujet,] Abou Al-Gheit a répondu de façon très directe et sincère : ’Je ne transmets pas de message de l’ennemi àune soeur arabe’... 



[La visite d’Abou Al-Gheit] a révélé que le Caire [entend] manifester sa solidarité au Liban et àla Syrie sur le sol libanais, transmettre un message clair et non ambiguë sur [l’identité du pays] ennemi et celle de l’Etat soeur. Rappelons que le Caire, avec sa longue histoire, n’a pas besoin de clarifier ses positions, quel Etat il soutient et où se trouve sa sécurité nationale. Vraisemblablement, ce sont les autres pays qui ne comprennent pas que les objectifs [arabes] sont unifiés et clairs, même s’il existe une variété d’opinions quant àl’interprétation [précise] àdonner àces objectifs et aux moyens de les atteindre." 



L’Egypte soutient le Liban, Hezbollah compris



"Le deuxième message important ici est que le Caire a souligné, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, que l’Egypte se préoccupait du Liban dans son ensemble, alors que la menace de l’ennemi est dirigée principalement contre le Hezbollah. C’est làune caractéristique de la position égyptienne sur toutes les questions arabes : le ton est le même avec tous. La principale préoccupation de l’Egypte est la stabilité des pays arabes, leur intégrité territoriale, la force de leurs gouvernements, et leur [droit] àprendre des décisions indépendantes sur les questions de guerre et de paix. L’Égypte s’efforce aussi d’empêcher tout élément arabe de tomber dans un piège qui obligerait [d’autres] éléments arabes àen payer le prix." 

"

[Il faut s’attendre] dans les jours qui viennent àun développement important des relations entre l’Égypte et la Syrie"



"Le troisième message est que l’Egypte fait toujours attention àla Syrie, qui a été son partenaire de lutte tout au long de l’histoire. Le Caire est conscient de ce lien éternel avec Damas, vu qu’il y a toujours eu des liens du sang [entre les deux pays]... Il n’est donc pas surprenant qu’Abou Al-Gheit ait déclaré que le président syrien Bachar Al-Assad était toujours le bienvenu au Caire, et il n’est pas étrange qu’Assad prenne la peine de s’enquérir de la santé du président Hosni Moubarak. Il est normal que dans les jours àvenir intervienne un développement important dans les relations entre l’Egypte et la Syrie, lequel reflètera les liens historiques unissant les deux pays... 



Au-delàde la question des messages [véhiculés par l’Egypte au cours de cette visite], nous demandons ànos frères libanais de s’abstenir de faire des cadeaux àIsraë l. Le gouvernement Netanyahu [voudrait] que les Arabes prononcent des déclarations orgueilleuses donnant àIsraë l des allures de victime, ou le sentiment que le Liban ou les pays Arabes auraient soudainement les [moyens] de menacer sérieusement Israë l - et nous ne voulons pas [qu’Israë l réussisse dans cette manoeuvre]. C’est làune image stéréotypée et irréaliste [des Arabes]. Israë l se sert de ce mensonge [contre eux], essayant de les pousser àfaire des déclarations fanfaronnes brossant un tableau tout àfait contraire la réalité.

Messieurs, les déclarations et les positions devraient refléter la réalité telle qu’elle est, notamment le fait qu’Israë l est un pays occupant qui refuse de restituer les territoires arabes, que c’est nous qui voulons la paix, alors que le gouvernement Netanyahu invente des prétextes faux et ridicules pour lancer des guerres inégales contre des civils arabes, que ce soit au Liban ou àGaza. C’est Israë l qui refuse de payer le prix de la paix, qui défie même les États-Unis et [la communauté] internationale quand ils lui demandent de respecter les accords signés – àcommencer par l’accord d’arrêt de la colonisation.

" 
Isoler Israë l
 
"

Toutes les parties arabes – aussi bien celles qui soutiennent les négociations que celles qui placent leurs espoirs dans la résistance – doivent s’abstenir de tendre une main [amicale] au gouvernement israélien extrémiste. Ce qu’il faut maintenant, c’est accroître l’isolement d’Israë l, l’assiéger en tant que pays occupant et dénoncer son visage raciste afin d’obtenir l’appui du monde pour nos justes causes. Si ce siège pacifique n’atteint pas les résultats escomptés, nous discuterons des [mesures àprendre] en temps voulu."



Notes : 

[1] Al-Mustaqbal (Liban), le 25 avril 2010 
[2] Al-Ahram (Egypte), Al-Mustaqbal (Liban), Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 25 avril 2010 
[3] Al-Ahram (Egypte), le 26 avril 2010