Le guide spirituel du parti Shas, le grand-rabbin Ovadia Yossef, estime qu’Israë l doit rétablir à tout prix des relations normales avec le gouvernement américain, même s’il faut pour cela cesser de construire à Jérusalem. C’est ce qui ressort d’un entretien qu’a eu Ovadia Yossef avec le président Shimon Pérès il y a trois semaines. Selon des personnes au fait de cette conversation, le grand-rabbin a tenu des propos très clairs et a notamment exprimé de manière explicite son soutien à un gel temporaire de la construction à Jérusalem.
La rencontre entre le grand-rabbin Yossef et le président Pérès s’est déroulée il y a trois semaines, dans le cadre des traditionnelles visites qu’effectue le président chez des dignitaires religieux durant la fête de Pessah. Au cours de cette rencontre, M. Pérès a évoqué l’état des relations entre Israë l et les Etats-Unis, la profondeur de la crise actuelle et ses conséquences sur le statut d’Israë l.
Selon les personnes présentes à l’entretien, ces propos ont été durement ressentis par le grand-rabbin Yossef qui a déclaré : « Il faut tout faire pour être en bons termes avec les Américains, payer n’importe quel prix pour rétablir de bonnes relations. Nous n’avons pas le droit de provoquer les nations du monde et les grandes puissances  ». Le grand-rabbin a ajouté qu’il ne se passera rien si on cesse temporairement de construire à Jérusalem pour porter les efforts sur d’autres régions et que la construction à Jérusalem reprend dans quelques années, une fois la crise passée.
Quand Shimon Pérès lui a fait part de sa proposition de compromis selon laquelle Israë l annoncerait un arrêt total de la construction dans les quartiers arabes de Jérusalem, le grand-rabbin Yossef a, là aussi, approuvé la proposition. Selon les personnes présentes à l’entretien, le président aurait affirmé que le Premier ministre Netanyahu est prêt lui aussi à accepter ce compromis mais refuse de l’affirmer en public.
Ces propos du grand-rabbin Yossef révèlent qu’au sein du parti Shas, l’élève, Eli Yishaï, est bien plus radical que son maître, Ovadia Yossef. Interrogé par le Maariv, Eli Yishaï démentait hier que ces propos aient jamais été tenu. Au palais présidentiel on s’est refusé à tout commentaire.
Ces propos de guide spirituel du parti Shas ont aussi une portée internationale car, lorsque les Américains évoquent Jérusalem, le Premier ministre Netanyahu a toujours une bonne excuse : La coalition, dit-il, s’effondrera s’il cesse de construire à Jérusalem. A en croire ce qu’a dit le grand-rabbin Ovadia Yossef il y a trois semaines, ce n’est peut-être pas tout à fait exact.