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Renoncer aux règles àla frontière syro-libanaise
par Jonathan Spyer- Jerusalem Post | Adaptation française de Sentinelle 5770 ©
Article mis en ligne le 21 avril 2010

L’Occident devrait utiliser la résolution 1701 pour faire reculer la prise de contrôle efficace du Hezbollah sur le gouvernement libanais. La convocation par les Etats Unis du Chef adjoint de mission diplomatique Zouheir Jabbour pour critiquer les transferts d’armes syriens au Hezbollah est la dernière preuve du fondement sérieux des tensions dans le Nord. La Syrie a continué de nier les rapports récents suggérant qu’elle permettait le transfert de missiles balistiques Scud-D au Hezbollah.

Mais la question des Scuds n’est qu’un détail significatif au sein d’un tableau plus large, qui a émergé clairement depuis aoà»t 2006. C’est la réalité selon laquelle la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui a mis fin àla guerre entre Israë l et le Hezbollah en 2006, a été transformée en lettre morte par le « bloc de la résistance  » : Iran, Syrie et Hezbollah.

Il vaut la peine de rappeler que la résolution 1701 a été saluée comme une réalisation significative de la diplomatie àl’époque. La résolution était supposée renforcer la base de la souveraineté libanaise renouvelée qui semblait possible après le retrait syrien en 2005.

Ses dispositions sont très claires. La résolution appelle au désarmement de tous les groupes armés au Liban de sorte que… il n’existe plus d’armes ou d’autorité au Liban différente de celle de l’Etat libanais. « Elle prohibe aussi explicitement la vente ou la fourniture d’armes ou de matériel connexe au Liban àl’exception de celui autorisé par son gouvernement  ».

Le Hezbollah et ses partisans ont anticipé, correctement, que ni le gouvernement du Liban, ni les Nations Unies, ni la « communauté internationale  » ne seraient capables ou volontaires pour appliquer ces clauses.

L’ONU a admis elle-même la sérieuse inadaptation des arrangements le long de la frontière syro-libanaise. Deux évaluations par l’ONU de cette frontière ont été réalisées depuis 2006 – en juin 2007 et aoà»t 2008.

Le second rapport a déterminé, dans le langage sec employé dans de tels documents, que « même en prenant en compte la situation politique difficile au Liban l’année écoulée, les progrès pour atteindre les objectifs posés par la Résolution 1701 ont été insuffisants  ».

La « situation politique difficile  » en 2008 fait référence au fait que la seule tentative du gouvernement libanais élu pour renforcer sa souveraineté sur les alliés de la Syrie et de l’Iran dans le pays a pris fin en mai 2008 par la déroute violente du gouvernement.

Le Hezbollah et ses alliés ont simplement fait savoir clairement que toute tentative d’interférer avec leurs arrangements militaires se verrait opposer la force brutale, et aucune tentative ultérieure n’a été faite.

Le résultat, c’est que au cours des trois dernières années et demi, sous les yeux indifférents du monde, les routes entre la Syrie et le Liban ont ronronné au son des camions d’armes et de fournitures transportant l’arsenal syrien et iranien au Liban.

L’augmentation récente de la tension provient de la démonstration évidente qu’on se moque de ces lignes rouges dans l’impunité.

Cela n’a pas commencé avec les rapports sur les Scuds. Une preuve sur l’arsenal a émergé dans la sphère publique au cours des derniers mois, suggérant le désir syrien et iranien de transformer le Hezbollah en menace stratégique sérieuse contre Israë l.

L’arsenal fourni au Hezbollah comprend des missiles sol-sol M-600, le système de missile sol-air portable Igla-S, qui pourrait menacer un avion israélien militaire contrôlant le ciel du Liban, et désormais le système balistique Scud-D.

Si les rapports concernant un tel arsenal sont exacts, ils feraient du Hezbollah, et de loin, le groupe paramilitaire le mieux armé dans le monde.

Ces rapports ne signifient pas que la guerre est nécessairement imminente.

Israë l ne semble pas pressé de punir le Hezbollah et la Syrie de se moquer des lignes rouges. A l’opposé de ses ennemis, le gouvernement israélien est responsable devant le Peuple, et trouverait difficile de justifier devant le public israélien une frappe préventive – qui pourrait bien résulter en une nouvelle guerre.

Le Hezbollah et la Syrie ne semblent pas non plus pressés d’entamer des hostilités. Ils ont simplement internalisé le fait que rien de sérieux ne semble se tenir en travers de leurs activités àla frontière orientale du Liban, et ils avancent donc rapidement.

La leçon la plus claire des évènements les plus récents est le statut illusoire des garanties et résolutions internationales si elles ne sont pas soutenues pas une réelle volonté de les appliquer.

L’échec occidental àgarantir le gouvernement élu du Liban a conduit àl’emprise effective du Hezbollah sur ce pays. L’incapacité d’insister sur l’exécution de la Résolution 1701 a permis la transformation stratégique apparente du Hezbollah lors des trois années et demi écoulées.

Alors que le « bloc de la résistance  » ne recherche pas nécessairement un conflit imminent, il n’y a pas non plus un signe quelconque que son appétit ait été rassasié par ses gains récents. Les lois, les élections et les accords ne sont pas en travers de son chemin. Il opère plutôt selon le dicton d’un certain chef allemand du 20ème siècle qui déclara : « Vous êtes là-bas avec votre loi, et je serai ici avec mes baïonnettes, et nous verrons qui l’emportera  ».

La vraie question bien sà»r, est de savoir combien de temps la victime potentielle d’une telle approche est prête àpermettre que cela continue.


L’auteur est chercheur de haut niveau au Centre de Recherche Mondiale des Affaires Internationales, [Global Research in International Affairs Center, IDC] àHerzliya.


http://www.jpost.com/MiddleEast/Article.aspx?id=173569