Les dirigeants et représentants de quarante-sept Etats se réuniront aujourd’hui à Washington pour la conférence sur la sécurité des armements nucléaires. Pendant deux jours, ces dirigeants tenteront d’élaborer un plan destiné à empêcher que des armes, des produits ou des savoirs nucléaires ne tombent entre les mains d’organisations terroristes. Le président américain, Barack Obama, essaiera de mettre en œuvre sa promesse électorale de faire en sorte que les matières nucléaires à travers le monde soient sécurisées pour éviter qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains.
M. Obama réclame qu’un budget de 3,1 milliards de dollars soit consacré à des programmes internationaux de sécurisation des armes de destruction massive.
Les experts estiment que la décision du président Obama de se focaliser sur la sécurisation des arsenaux nucléaires et non sur leur diminution lui permettra de promouvoir plus aisément son ordre du jour. En effet, toutes les puissances nucléaires ont été ces dernières années la cible d’attaques terroristes et elles partagent donc cette crainte que des armes nucléaires parviennent à des organisations terroristes.
Cette volonté de mettre en place des dispositifs transparents de contrôle et de sécurité des armements nucléaires risque de compliquer la tâche de la délégation israélienne à la conférence, qui sera dirigée par le ministre chargé des services de renseignement, Dan Meridor. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a donné hier un avant-goà »t de ce qui attend la délégation israélienne en déclarant que le monde ferme les yeux sur le programme nucléaire israélien et en promettant d’évoquer le sujet lors des débats. Pour M. Erdogan, le programme nucléaire iranien est examiné dans les moindres détails tandis qu’Israë l, qui n’a pas signé le traité de non-prolifération, « est libre d’agir selon son bon vouloir. Cela nous préoccupe et non allons le dire  », a déclaré le Premier ministre turc.
La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, qui a accordé plusieurs interviews en vue de la conférence, a déclaré qu’Israë l a de quoi contribuer largement à la conférence sur le nucléaire, notamment dans le domaine du contrôle des matières qui pourraient servir à la fabrication de bombes nucléaires. Et ce, malgré l’absence du Premier ministre Binyamin Netanyahu.
Au terme des débats devrait être publié un document qui appellera à la mise en place de standards plus élevés dans le domaine de la surveillance des matières nucléaires et de la lutte contre leur contrebande ainsi qu’à l’élaboration d’un plan de travail. Au-delà de cette déclaration commune, le gouvernement Obama espère obtenir des participants des engagements concrets quant à la sécurisation de leurs arsenaux.