Suite à la publication sur votre site, du post de Pierre Lefebvre dans la rubrique « Sélection Primo  », intitulé « Club Med Tous les bonheurs du monde  », nous tenons à vous apporter certaines précisions. Il nous semble, en effet, important de compléter les informations publiées. Pierre Lefebvre, dans son article, ne retranscrit pas l’intégralité du texte initial figurant dans notre brochure des croisières été 2010. Le texte en ligne sur votre site omet effectivement de préciser que les mesures appliquées aux ressortissants israéliens émanent des autorités libanaises et en aucun cas du Club Med.
Voici l’intégralité du texte paru dans notre brochure :
Croisière Bodrum - La Valette : la croisière Bodrum/La Valette du 16 au 28 septembre 2010 fera escale au Liban. Les autorités libanaises n’admettent ni sur leur territoire, ni à bord du Club Med 2, de ressortissants détenteurs d’un passeport avec visa ou tampon israélien. En cas de non respect de ces formalités douanières, relevant de la responsabilité du ressortissant, celui-ci se verra refuser l’accès au bateau le jour de l’embarquement le 16 septembre à Bodrum, et supportera tous les frais en résultant. Le Club Méditerranée n’encourra aucune responsabilité pour toute omission, faute ou négligence du ressortissant.
Il nous semblait important de porter à la connaissance de vos lecteurs cette partie de texte, montrant que le Club Med n’est pas à l’initiative de telles mesures.
Le Club Med regrette le malentendu qu’a pu faire naître ce texte à vocation exclusivement commerciale et administrative. Présent dans 35 pays et représenté par plus de 100 nationalités, le Club Med a été pionnier dans le respect des cultures et continue aujourd’hui à œuvrer dans ce sens.
Thierry Orsoni, directeur de communication du Club Med, 10 avril 2010
Réponse de Primo
Cher Monsieur,
Nous vous remercions de votre mise au point qui sera publiée dans nos colonnes.
Cependant, nous sommes au regret de vous dire que cela ne change rien à notre prise de position.
Nos lecteurs ne sont pas des imbéciles et avaient bien compris que le refus de laisser circuler des visas israéliens dans un port libanais émanait des autorités libanaises et non de votre entreprise. D’ailleurs, l’article de Pierre Lefebvre l’évoque clairement.
Vous ne pouvez ignorer que cette discrimination (qui tient du racisme) est à l’oeuvre dans beaucoup de pays arabes vis à vis des Israéliens, dont l’Arabie Saoudite.
Ce que nous déplorons est la facilité avec laquelle vous vous pliez à un diktat honteux. Est-ce que les autorités douanières israéliennes ont les mêmes exigences ? Et que dirait-on d’elles si elles les avaient ? Vous-y soumettriez-vous de la même façon ? Permettez-nous d’en douter.
La vraie grandeur du Club aurait été de refuser ce diktat et on aurait bien vu qui aurait remporté ce bras de fer. Le Liban avide de devises de richissimes touristes ? Ou bien le Club à qui il aurait suffi de « zapper  » une destination au profit d’une autre ? Haïfa, à quelques encablures de là aurait constitué une parfaite alternative : une ville, ô combien intéressante, et un peu plus respectueuse des touristes qui viennent lui rendre visite.
Voyez-vous, M. Orsoni, les affaires sont une chose, l’éthique en est une autre. Certes.
Mais quand celles-là s’évertuent à se développer sur le dos de celle-ci, il finit par se produire un rejet par des consommateurs pas si idiots que ça et friands de « répondre mieux aux deux grands enjeux fondamentaux de notre époque : la pression sur la planète d’une part, et la tension entre les hommes d’autre part  » comme vous le dites tellement mieux que nous.
Il viendra un jour où vous pourrez faire voguer vos navires entre Beyrouth et Haifa.
Lorsque cela sera possible, nous vous proposerons de prendre à votre bord des enfants sourds israéliens, d’origine arabe, juive ou palestinienne d’une association que nous soutenons à Jérusalem, Hattie Friedland, histoire de réduire cette tension de manière plus efficace.
Cordialement
Primo
NB : après vérification, Costa Croisière, par exemple, pratique la même discrimination.