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French kiss / Billet de Ben-Dror Yemini – Maariv
Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israë l
Article mis en ligne le 9 avril 2010

Ces dernières années, on a vu trop d’exemples de haine d’Israë l et de reddition au moindre caprice anti-israélien. Voici une histoire différente. De temps àautre, nous entendons les coups de fouet du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Des coups de fouet qui viennent de son amitié, pas de son hostilité. Cette semaine il a été mis àl’épreuve. Jeudi soir, devait s’ouvrir au Caire un festival de cinéma sous l’égide du Centre culturel français. Un des membres du jury a décidé de boycotter le festival car un des films projetés était réalisé par une Israélienne, Keren Ben-Raphaë l.

Les autres membres du jury se sont joints àlui. La presse arabe a largement couvert l’événement et al-Jazira a annoncé que des intellectuels se préparaient àune « protestation massive  » lors de la soirée d’ouverture. Le Centre culturel français ne voulait aucune controverse politique et il a donc été décidé d’annuler la projection du film.

Mais le hasard a voulu que Kouchner ait eu vent de cette décision, àlaquelle il a réagi avec colère. Aucun film ne sera exclu du festival uniquement àcause de la nationalité de la réalisatrice, a-t-il décidé. S’ils ne veulent pas du film, il n’y aura pas de festival. Et le festival a effectivement été annulé. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a réagi « avec stupeur  », faisant savoir qu’il était « inacceptable que quiconque critique la position des artistes égyptiens  ». Et il a raison. Ils se sont tellement habitués au festival des courbettes (cf. Obama). Comment Kouchner ose-t-il ?

Primo, Kouchner mérite une médaille. Dans un monde où on cède au moindre caprice, il a fait preuve de fermeté. Et la prochaine fois qu’il nous donne un coup de fouet suite àla construction stupide de colonies sauvages au cœur de la population arabe, que personne ne se précipite pour dire que nous avons affaire àun antisémite. Il n’est pas un ennemi mais un ami.

Deuxio, il faut comparer Kouchner aux chiffes molles qui se trouvent parmi nous et qui ont droit àbeaucoup trop d’écho lorsqu’elles répercutent dans le monde l’appel àboycotter tout lien culturel avec Israë l. Il y a seulement un an, s’est tenu au Canada un festival de cinéma dans le cadre duquel était rendu un hommage àla ville de Tel-Aviv. Les ennemis d’Israë l, dans le monde et chez nous, se sont bien entendu mobilisés pour réclamer un boycott de cette ville criminelle, bâtie sur les ruines des Palestiniens. L’un d’eux était le peintre David Reeb. En échange, la mairie de Tel-Aviv lui a décerné le prix Dizengoff.

Kouchner a agi différemment. Il n’est pas un homme de droite. Il vient du parti socialiste. Mais il sait très bien quelle différence il y a entre une critique légitime, ce qu’il exprime, et un boycott qui est le résultat d’une diabolisation, d’une délégitimation et d’une obsession. Honte aux boycotts et àla servilité. Bravo àKouchner./.