Uri Blau, le journaliste de Haaretz à qui Anat Kamm, selon l’acte d’accusation, a remis des documents classifiés qu’elle a volés pendant ses deux années de service militaire passés au sein du Haut Commandement israélien, publie le 9 avril un article depuis Londres où il a fui. Dans un style quelque peu fanfaronnant il accuse les autorités israéliennes de « ne pas vraiment comprendre ce que signifie le concept de démocratie  » et affirme qu’il s’est borné « à publier des articles ne convenant pas à l’establishment.  » Des articles qui, selon lui, ont été lus par la censure militaire lorsqu’ils traitaient de questions de défense, et ont été publiés avec son accord.
Il évoque ces cas de Palestiniens recherchés qui, selon lui, auraient été exécutés alors qu’ils auraient pu être arrêtés. Rappelons qu’il ne s’agirait que de quelques cas et que rien ne prouve jusqu’ici que de simples arrestations étaient possibles. Il explique que pour tous les articles sensibles qu’il a publiés, quels qu’ils soient, il y a eu forcément des sources. Et il se pose en victime car s’il retourne en Israë l, dit-il, il « devrait répondre d’accusations liées à des faits d’espionnage.  » Son combat actuel, toujours selon lui, n’est pas qu’un combat individuel mais « pour l’image d’Israë l.  »
Un article du 8 avril du Jerusalem Post donne un éclairage totalement différent à cette affaire Le journaliste Yaakov Kaatz rapporte la teneur d’une « conférence de presse exceptionnelle du Shin Bet  » à propos de cette affaire. Son directeur, Yuval Diskin, soulignait qu’il semblerait que Uri Blau ait en sa possession des centaines de documents volés classifiés top secret. Des documents qui mettent directement en danger la sécurité nationale car ils contiennent, entre autres, des informations sur armement, exercices militaires, planification de répliques en cas d’escalade en Judée Samarie.
C’est au cours de l’enquête qui fut déclenchée que les services de sécurité découvrirent qu’il y a une différence notable entre le nombre de documents que Anat Kamm dit avoir donné au journaliste et les 50 documents qu’il a remis à ces autorités lorsqu’il a été interrogé avant son départ d’Israë l. Yuval Diskin déclarait que « le risque est grand car nous ne savons pas où sont ces documents et nous avons des raisons de croire que d’autres documents sont toujours en la possession d’Uri Blau.  »
Lorsque Uri Blau avait été interrogé par les autorités un accord aurait été conclu en septembre 2009 selon Haaretz. Aux termes de cet accord le journaliste ne devait pas être interrogé sur l’identité de sa source http://haaretz.com/hasen/spages/1161852.html Une enquête fut bien évidemment diligentée et Anat Kamm, accusée aujourd’hui d’avoir volé plus de 2000 documents sur une période de 2 ans a été interrogée et assignée à résidence en décembre 2009. Et Uri Blau partait en voyage en Chine et à Bangkok à cette même époque, dit-il. Ce serait au cours de ce voyage qu’il aurait eu des contacts lui faisant craindre de rentrer chez lui.
Ce qu’on sait de cette affaire à ce jour donne à penser que d’une part Anat Kamm semblerait avoir fait preuve d’une duplicité étonnante en subtilisant plus de 2000 documents classifiés sur deux années sans que quiconque s’en aperçoive puis mené une vie en apparence tout à fait normale ensuite alors qu’elle donnait tout ou partie de ces documents à un journaliste, lui donnant également des précisions, selon l’acte d’accusation. Selon le Jerusalem Post, sa mère affirme que sa « fille n’a jamais voulu porter atteinte à la sécurité d’Israë l et qu’elle n’est pas gauchiste.  » Cette jeune femme « normale  » serait « très intelligente.  » On se demande alors dans quel but, selon l’acte d’accusation, elle a méthodiquement subtilisé des documents classifiés pendant deux années pour décider ensuite d’en donner à un journaliste...tout en ne laissant rien paraître de cette forfaiture...Et comment quelqu’un de très intelligent n’aurait-il pas compris la portée potentiellement désastreuse de ses actes ? Dans ce même article on apprend d’ailleurs que l’opération Plomb Fondu a dà » être modifiée compte tenu de ses vols de documents sensibles.
Et il semblerait, d’autre part, que ni elle ni Uri Blau n’ont sans doute pensé que ce qu’elle avait fait serait découvert étant donné que les articles écrits fin 2008 avaient été lus et autorisés par la censure militaire sans que rien en soit entrepris à l’époque. Uri Blau n’ayant été convoqué par les services de sécurité que bien plus tard.
Pourtant, selonynetnews.com, ce même journaliste avait « déjà été impliqué dans une affaire il y a huit ans, une femme soldat qui servait à Gaza ayant arrêtée et punie pour lui avoir communiqué des documents....  »