La solution au problème de Jérusalem est bien connue : Les quartiers juifs resteront en Israë l, les quartiers arabes seront donnés à la Palestine et le quartier saint fera partie d’un régime spécial. La solution au problème des réfugiés est aussi communément connue : le droit des Palestiniens au retour s’appliquera au territoire de l’Etat palestinien, tandis que les demandes ne seront pas applicables au territoire de l’Etat juif. Tout comme est bien connue la solution au problème des implantations : échange de territoires et l’annexion des grands blocs d’implantations à Israë l, et l’expulsion des implantations isolées.
Toutes ces solutions assurent à veiller à ce qu’un Etat palestinien démilitarisé vive en paix à côté du foyer national juif. Et cela va nous permettre de passer, d’ici un an ou deux, d’une ère de conflits à une ère de paix.
Mais voilà le hic : Aucune de ces solutions populaires et simples ne peuvent être mises en Å“uvre dans un avenir prévisible. Au jour d’aujourd’hui, les Palestiniens ne sont pas d’accord pour une Palestine démilitarisée ou à Israë l comme état juif, ils ne sont pas prêts à renoncer à leur demande de retourner à un Israë l souverain. Israë l, pour sa part, n’a pas une institution d’État assez puissante pour expulser de 100 localités leurs 100.000 habitants. Et ni Israë l ni la Palestine n’ont pas la maturité et la responsabilité nécessaires pour aller à un régime de coexistence délicat sur Jérusalem, la ville du monde la plus dangereuse.
La conclusion est évidente. Bien que tout le monde sait apparemment de quoi l’accord de partage du pays aura l’air, il y a peu de chance qu’il sot signé ou mis en Å“uvre dans les années à venir. Il n’est pas surprenant que Ehud Olmert et Tzipi Livni ont échoué à réaliser beaucoup plus au cours de leurs années de négociations avec Mahmoud Abbas et Ahmed Qoreï. C’est également sans surprise que les Palestiniens refusent d’engager des négociations directes avec Israë l, et qu’Israë l ne fait rien pour expulser les avant-postes illégaux.
La notion que la paix est à portée de main est un mensonge, quelquechose que les deux côtés disent tout simplement au reste du monde afin de dissimuler leurs intentions cachées. Les Palestiniens sentent que le sens l’histoire est en leur faveur, et donc ils ne sont pas prêts au compromis. Les Israéliens, quant à eux, sont paralysés. Les deux parlent de paix et jouent à la paix, mais ne sont pas prêts à payer le prix de la paix.
Dans la seconde moitié de 2010, les États-Unis ont l’intention de retirer la moitié de leurs forces d’Irak, mais visent aussi à mettre fin à la guerre en Afghanistan dans quelques temps en 2011. Entre-temps, il faudra traiter avec l’Iran. Pour réussir dans ces trois missions gigantesques, les Etats-Unis tentent de faire appel au monde arabo-musulman. Ils travaillent à démontrer qu’ils sont aussi attentifs aux 330 millions d’Arabes qu’ ils le sont aux 13 millions de Juifs. En tant que tel, Washington est tenté de croire à l’impossible : plaire à l’Islam par la fermeture rapide du dossier sur le conflit israélo-palestinien.
Cette tentation est meurtrière. Les États-Unis peuvent faire pression sur Israë l, mais pas sur les Palestiniens. Essayer de forcer les parties à une fausse paix prendra fin rapidement, soit dans une explosion soit par un dangereux accord biaisé. Quoi qu’il en soit, le résultat sera l’inverse à celui recherché par les Américains. Briser le dos d’Israë l et être l’instigateur d’une série de crises à Jérusalem ne peut que déstabiliser le Moyen-Orient ; tôt ou tard, cela apportera un regain de violence. La guerre qui finira par éclater ne sera pas locale, mais une guerre régionale avec une dimension religieuse.
L’administration Obama n’a qu’une seule issue : la Syrie. Seul un accord de paix israélo-syrien peut équilibrer le Moyen-Orient. Seul un accord de paix israélo-syrien aidera l’Irak, isolera l’Iran et, indirectement, contribuera au retour à la raison en Afghanistan. Seul un tel accord peut créer les délais nécessaires pour garantir des progrès lents mais certains sur le volet palestinien.
Ainsi, au lieu d’exiger que le Premier ministre Benjamin Netanyahu livre Jérusalem, Washington devrait exiger qu’il livre le plateau du Golan. Le président américain Barack Obama doit peser de tout son poids sur un accord de paix dans le Nord. la réconciliation israélo-syrien est le seul moyen réaliste d’apporter la paix au Moyen-Orient dès cette année, et pour ainsi justifier le prix Nobel attribué à Obama en Décembre.