« L’année prochaine, l’humanité entière fêtera la naissance de l’Etat palestinien  », a assuré hier Salam Fayad, le Premier ministre palestinien, lors d’une interview spéciale accordée au Haaretz. Après avoir souhaité bonne fête de Pessah aux Juifs d’Israë l, Fayad a exprimé son souhait que les Israéliens prennent également part à la fête d’indépendance. « La naissance de ce nouveau-né, qui réalisera notre droit de vivre en liberté dans le pays où nous sommes nés, en harmonie avec les Israéliens, se produira en 2011  », a déclaré M. Fayad, né il y a 48 ans au village Dir Al-Adoun, près de Toul Karem.
Salam Fayad a accueilli avec satisfaction la déclaration du Quartette, faite il y a deux semaines à Moscou, selon laquelle ils approuvaient le plan palestinien d’aoà »t 2009 annonçant la création d’un Etat indépendant en l’espace de 24 mois. Selon lui, la déclaration du Quartette transforme cette idée en projet international : « Il s’agit d’un Etat souverain qui n’est pas gouverné par d’autres ; nous ne voulons pas d’un pays factice ou de restes  », a-t-il affirmé.
Fayad a tenu à ajouter que si pour une raison quelconque ce plan n’est pas mis en Å“uvre à la date prévue, les Palestiniens « bénéficieront d’un tel crédit [aux yeux de la communauté internationale], sous forme de faits concrets sur le terrain, que cette réalité s’imposera  ».
Fayad a accusé le Premier ministre Netanyahu de capituler face aux colons, bien que ceux-ci ne représentent pas l’opinion de la majorité des Israéliens. « Nous partageons des valeurs universelles communes, et il faut que vous compreniez que la paix se fait entre égaux et non pas entre les maitres et leurs subordonnés  »
« Je n’ai aucun problème avec l’éthos sioniste et avec la croyance selon laquelle Israë l est le pays de la Bible. Vous avez assez de collines inhabitées. Pourquoi ne pas vous y installer ?  », a-t-il notamment déclaré dans l’interview avant d’ajouter : « Si vous pensez nécessaire de poursuivre vos activités dans les implantations, comment pensez-vous convaincre que vous croyez à la solution de deux Etats ?  ». Enfin, à propos du moratoire sur la construction en Cisjordanie annoncé par le gouvernement israélien, Fayad a prévenu que « tout indique que le gel ne marche pas. Le fait qu’il ne soit pas étendu à Jérusalem-est est problématique. Nous le savions.  ».