Parmi les revendications présentées à Israë l par l’administration américaine en vue de la relance du processus de paix avec les Palestiniens, les Etats-Unis exigent le gel de la construction dans tout Jérusalem-est pour une période de quatre mois. En échange, l’administration américaine fera pression sur le président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas, pour qu’il s’engage dans des négociations directes avec le Premier ministre Binyamin Netanyahu.
Lors d’une interview accordée à la chaîne MSNBC, le président américain Barack Obama a déclaré hier : « Je pense que Netanyahu comprend qu’il doit prendre des mesures courageuses  ». George Mitchell devrait revenir en Israë l après Pessah.
Selon un responsable diplomatique israélien, l’administration américaine demande qu’Israë l gèle également la construction dans les quartiers juifs de Jérusalem-est, comme Nevé Ya’akov, Hagiv’a Hatsorfatit et Ramat Shlomo. La durée du moratoire requis est fixée à quatre mois car ceci est le créneau de temps imparti par la Ligne arabe aux « négociations de proximité  ».
En effet, l’Administration américaine souhaite tirer profit de la crise avec Israë l pour modifier les conditions d’ouverture des négociations entre ce dernier et l’Autorité palestinienne, de sorte que les négociations indirectes entre deviennent directes. Abou-Mazen s’est constamment opposé à la tenue de négociations directes tant qu’Israë l n’a pas totalement gelé la construction à Jérusalem-est. Les Américains estiment que si Netanyahu donne son accord pour un gel de quatre mois, cela permettra l’ouverture de pourparlers directs.
Lors de deux réunions du « Forum des Sept  » consacrées à ce sujet, les ministres se sont exprimés unanimement contre l’annonce publique d’un gel à Jérusalem. Toutefois, l’une des possibilités évoquées était de parvenir à une entente tacite avec l’administration américaine sur la question. Selon cette idée, Israë l indiquera aux Américains que lors des quatre prochains mois, aucune construction massive n’est prévue dans les quartiers de Jérusalem-est et donc, concrètement, on peut considérer qu’Israë l accède à la revendication américano-palestinienne.
Lors d’une interview accordée au Haaretz en décembre 2009, Abou-Mazen avait laissé entendre qu’il pourrait accepter un « gel tacite  » à Jérusalem. Il a révélé avoir proposé au ministre de la Défense Ehud Barak qu’Israë l gèlera la construction à Jérusalem-est pendant six mois sans l’annoncer publiquement pour autant.
Par ailleurs, le porte-parole de la maison blanche, Robert Gibbs, a assuré hier que la position de l’administration d’Obama au sujet de Jérusalem est similaire à celle des administrations précédentes et consiste à estimer que cette question doit être débattue lors des pourparlers sur l’accord permanent.
Le ministère américain des Affaires étrangères a également démenti les informations diffusées hier par la BBC, selon lesquelles un responsable américain aurait indiqué que les Etats-Unis « envisagent très sérieusement  » de ne pas opposer leur veto à une résolution du conseil de sécurité condamnant Israë l pour les constructions à Jérusalem-est.