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Le dos au mur / Shimon Shiffer – Yediot Aharonot
Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israë l
Article mis en ligne le 25 mars 2010

Après sa rencontre difficile avec Obama, Netanyahu a décidé de consulter Jérusalem àpartir de la salle sécurisée de l’ambassade d’Israë l àWashington et non àpartir de sa suite àl’hôtel Mayflower. Ainsi, a estimé le Premier ministre, les Américains auront beaucoup plus de mal àentendre ce qui est dit. La dernière fois qu’une telle chose était arrivée était il y a douze ans. Le Premier ministre àl’époque s’appelait également Binyamin Netanyahu et le président des Etats-Unis était Bill Clinton.

Même le « politiquement correct  » américain ne peut aujourd’hui travestir ce qui s’est passé au cours des dernières quarante-huit heures àWashington : entre Netanyahu et Obama règne une défiance profonde. Tout le monde a compris hier que cette fois-ci, Obama a placé Netanyahu au pied du mur. Il lui a demandé de prendre des décisions qui risquent de lui faire perdre sa coalition. S’il refuse, il se retrouvera seul face àla menace iranienne.

Selon des responsables qui ont eu vent des concertations qu’a tenues le Premier ministre, Obama a présenté àNetanyahu treize requêtes auxquelles il « attend  » une réponse positive, son objectif étant d’obtenir des « gestes de confiance  » vis-à-vis des Palestiniens, afin de les rasseoir àla table des négociations et de les convaincre que les Etats-Unis sont un intermédiaire « Ã©quitable  ». Parmi ces « attentes  », une promesse selon laquelle le gel de la construction se poursuivra au-delàdes dix mois approuvés par le gouvernement israélien, soit après le 26 septembre. Obama souhaite aussi que les dispositifs mis en place par Netanyahu àJérusalem fassent effectivement en sorte qu’il n’y ait pas de construction dans les quartiers palestiniens de l’est de la ville.

L’autre « attente  » d’Obama est qu’Israë l redonne àl’Autorité palestinienne le plein contrôle de tous les territoires qui étaient sous sa responsabilité en septembre 2000 et dont le contrôle a été repris par Israë l durant la deuxième Intifada. Les autres attentes concernent une série de gestes vis-à-vis d’Abou Mazen, dont la libération de plusieurs centaines, voire d’un millier, de prisonniers. Ces gestes, bien entendu, seront unilatéraux et Israë l devra les effectuer sans aucune contrepartie de la part des Palestiniens.

Vient ensuite ce qui est, du point de vue d’Obama, la cerise sur le gâteau : l’ouverture de pourparlers sur un accord permanent qui devront être complétés sous deux ans.

Ehud Barak, un invité apprécié àla Maison Blanche, a dit àses interlocuteurs américains que, s’ils continuent àfaire pression sur Netanyahu, son gouvernement se disloquera et Israë l entrera dans une période de chaos politique. Pour Barak, les demandes de la Maison Blanche ne permettront pas de rasseoir Israë l àla table des négociations. Pas avec la coalition dont dispose Netanyahu.

Tout ceci ne semble pas impressionner Obama : Selon des sources israéliennes, le président ne croit tout simplement pas àNetanyahu. Il estime qu’après avoir fait faire des allées et venues àson émissaire, George Mitchell, il est temps de mettre àl’épreuve le Premier ministre. S’il n’est pas capable de faire ce qu’on attend de lui aujourd’hui, estime le président, il n’en sera pas capable non plus àun stade avancé des pourparlers.