Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a tout fait hier pour minimiser la crise avec les Etats-Unis et faire croire que tout est rentré dans l’ordre. Mais au même moment à Washington, l’ambassadeur d’Israë l indiquait que la crise entre les deux pays « atteint des dimensions historiques  ».
L’ambassadeur Michael Oren a tenu hier une réunion d’information avec de hauts responsables américains et s’est entretenu avec les consuls d’Israë l aux Etats-Unis. Selon un des participants à ces entretiens, l’ambassadeur aurait affirmé : « Les relations entre Israë l et les Etats-Unis connaissent leur crise la plus grave depuis 1975  ». A l’époque, le président Gerald Ford et le secrétaire d’Etat Henry Kissinger avaient annoncé une « réévaluation des relations avec Israë l  » suite au refus israélien de signer l’accord sur le retrait des forces face à l’Egypte.
Dans les milieux israéliens à Washington on estime que la crise actuelle est devenue incontrôlable. La semaine prochaine, le Premier ministre Netanyahu est censé participer à la conférence de l’AIPAC à Washington et hier s’est tenue au bureau du Premier ministre un débat interne pour savoir si, dans les circonstances actuelles, il ne serait pas préférable d’annuler le déplacement.
Dans les prochains jours, avant même le départ de M. Netanyahu pour Washington, l’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, viendra en Israë l et réclamera du Premier ministre des réponses à l’ultimatum adressé par Washington avant-hier. Selon un responsable du Département d’Etat américain, Binyamin Netanyahu pourrait faire des promesses au gouvernement américain sans toutefois les rendre publiques, afin de ne pas risquer de perdre sa coalition.
Hier, de nouvelles voix se sont jointes au concert des critiques contre Israë l. « Cela ressemble à une démarche délibérée et c’est cela qui est inquiétant  », a déclaré David Axelrod, un des plus proches conseillers politiques et stratégiques du président Obama. « Il s’agit d’une démarche très néfaste qui remet en cause les efforts fragiles qui ont été faits pour parvenir à la paix dans cette région problématique  ».
Interviewé par la chaîne Fox, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a lui aussi tenu des propos sévères en déclarant que les événements de la semaine dernière « sapent la confiance  » et en ajoutant qu’Israë l doit à présent proposer « des idées constructives qui permettront la reprise des négociations avec les Palestiniens  ». Les deux hommes ont réaffirmé, comme l’avait dit le vice-président Biden, que l’attitude du Binyamin Netanyahu et de son gouvernement met en danger les soldats américains en Irak, au Pakistan et en Afghanistan.
Ces critiques n’ont semble-t-il pas ému le Premier ministre Netanyahu qui, en ouverture du conseil des ministres d’hier a déclaré : « Je suggère tout d’abord que l’on ne s’emporte pas et que l’on se calme. Nous savons comment faire face à ce genre de situation : de manière calme, responsable et sérieuse. Il y a eu un incident regrettable qui a été causé de bonne foi, qui a froissé et qui, bien sà »r, n’aurait pas dà » arriver… Mais le plus important c’est de comprendre qu’Israë l et les Etats-Unis ont des intérêts communs et que nous comptons agir conformément aux intérêts vitaux de l’Etat d’Israë l  ».
Mais, au-delà de ses tentatives pour minimiser la crise, Netanyahu est bien conscient qu’il est assis sur un tonneau de poudre et il a voulu hier éloigner encore une étincelle en demandant que soit reportée la réunion du comité central du Likoud prévue pour jeudi et qui devait débattre du gel de la construction dans les colonies. Sa demande a été acceptée.