Le gouvernement américain a annoncé hier qu’Israë l et l’Autorité palestinienne ont accepté de reprendre le processus diplomatique et de tenir des pourparlers indirects, par l’intermédiaire de l’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell. M. Mitchell a signifié au Premier ministre Binyamin Netanyahu et au président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas (Abou Mazen), que les ententes qui avaient été obtenues lors des pourparlers qui ont suivi la conférence d’Annapolis n’engagent pas les parties aux négociations indirectes qui vont débuter ces jours-ci.
M. Mitchell a rencontré hier le Premier ministre Netanyahu avant de s’entretenir à Ramallah avec le président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen. Il a ensuite publié un communiqué dans lequel il a fait part de sa satisfaction de la reprise des pourparlers et a indiqué s’être entretenu avec les deux parties de la structure et du contenu des négociations. Il a également annoncé qu’il reviendrait dans la région la semaine prochaine pour une deuxième session de pourparlers indirects entre M. Netanyahu et Abou Mazen. « Nous appelons les deux camps à s’abstenir de faire des déclarations ou des actes qui risqueraient de provoquer des tensions ou de déterminer d’avance les résultats des négociations  », a souligné George Mitchell.
« J’espère que les pourparlers de proximité entre les Palestiniens et nous mèneront rapidement à des pourparlers directs et que l’on pourra réellement faire avancer le processus de paix  », a déclaré hier M. Netanyahu qui s’est félicité de la reprise du processus de paix.
Les Etats-Unis ont promis à l’Autorité palestinienne que si les parties aux négociations ne répondent pas à leurs attentes, ils « agiront en conséquence  ». Selon un haut responsable palestinien, un haut responsable américain a affirmé à un des conseillers d’Abou Mazen : « Si nous jugeons qu’une des parties ne répond pas à nos attentes, nous feront part de notre inquiétude et agirons en conséquence pour surmonter cet obstacle  ».
L’annonce de la reprise des pourparlers s’est faite malgré des désaccords entre Israë l, les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne quant à la structure de ces pourparlers et la manière dont ils seront menés.
L’adjoint de George Mitchell, David Hale, a indiqué que les pourparlers qui se sont déroulés après la conférence d’Annapolis de novembre 2007 et les ententes auxquelles sont parvenus Tzipi Livni et Abou Alaa ou Ehud Olmert et Abou Mazen, y compris la proposition d’accord de principe faite par Ehud Olmert, n’engagent ni les Etats-Unis ni l’Autorité palestinienne ni le gouvernement israélien. Les pourparlers seront menés sur la base des accords précédemment signés entre Israë l et l’Autorité palestinienne et de la Feuille de route.
M. Hale a informé les représentants du Quartette que, du point de vue des Etats-Unis, les questions fondamentales seront débattues dans le cadre des pourparlers. Selon lui, les Etats-Unis souhaitent que s’engagent rapidement des pourparlers directs à des échelons subalternes. Il a ajouté que le gouvernement américain ne souhaite pas limiter les pourparlers dans le temps et que, par conséquent, le cadre de quatre mois fixé par la Ligue arabe n’a « rien de sacré  » pour les Etats-Unis.