Les ennuis continuent pour le ministre des affaires étrangères, Avigdor Liberman : Hier, il a été interrogé par la police qui le suspecte d’entrave à la justice et d’abus de confiance. M. Liberman est en effet soupçonné d’avoir reçu de l’ancien ambassadeur à Minsk, Zéev Ben Arié, des documents secrets et classifiés issus du dossier d’enquête. La police soupçonne Avigdor Liberman d’avoir, en contrepartie, nommé Zeev Ben Arié au poste d’ambassadeur en Lettonie
L’affaire remonte à plusieurs mois. Dans le cadre d’une des enquêtes menées contre Avigdor Liberman, les enquêteurs de la brigade nationale de lutte contre la fraude ont souhaité interroger des témoins en Biélorussie. Conformément à la procédure, les enquêteurs ont transmis au ministère de la Justice les éléments de l’enquête sur lesquelles se base leur demande. Le ministère a rédigé la demande d’interrogatoire en y joignant, entre autres, des documents confidentiels et des éléments de preuve sur lesquels se basent les accusations contre Avigdor Liberman.
Le ministère de la Justice a ensuite envoyé ces documents par la valise diplomatique à l’ambassade d’Israë l en Biélorussie. Vu la sensibilité du dossier, l’envoi a été classé « très secret  » et a été remis en mains propres à l’ambassadeur d’Israë l en Biélorussie. C’est ainsi que les documents sont parvenus à Zéev Ben Arié.
Selon la police, avant de remettre les documents au procureur général de Biélorussie, Zéev Ben Arié aurait ouvert l’enveloppe, lu les documents puis les aurait photocopiés pour en conserver un exemplaire.
Toujours selon la police, l’ambassadeur ne se serait pas contenté de copier les documents confidentiels mais il aurait, lors de la visite d’Avigdor Liberman en Biélorussie deux mois plus tard, montré à ce dernier les documents relatifs à l’enquête. « Ce qui devait être secret a été révélé. Avigdor Liberman a été informé de nos démarches à venir, des personnes que nous allions interroger, et des éléments qui sont en notre possession. Ce qui s’est passé est incroyable. Cela a nui lourdement à l’enquête  », a déclaré un haut responsable de la police.
Il y a quelques jours, la brigade nationale de lutte contre la fraude a décidé d’interroger l’ambassadeur Zéev Ben Arié qui a avoué avoir photocopié les documents et les avoir remis à Avigdor Liberman. Hier, les enquêteurs ont demandé à entendre le ministre des Affaires étrangères lui-même et l’ont interrogé pendant près d’une heure.
Par ailleurs, le procureur général, Moshé Lador, estime que d’ici quelques semaines il sera décidé s’il y a lieu de convoquer Avigdor Liberman à une audition avant inculpation et, si oui, quels chefs d’accusation seront retenus contre lui. « J’estime que le conseiller juridique du gouvernement prendra prochainement une décision dans un sens ou dans un autre. Nous parlons en terme de semaines et j’espère que cela n’ira pas au-delà  », a-t-il déclaré à la première chaîne de télévision.