Lors de leur rencontre hier au Kremlin, le Premier ministre Netanyahu a demandé au président russe, Dimitri Medvedev, de transmettre au Hamas un message concernant les négociations sur la libération de soldat enlevé Guilad Shalit. Selon ce message, Israë l souhaite parvenir à un accord mais ne cèdera pas davantage sur la question de la libération de prisonniers.
Selon un membre de la délégation du Premier ministre, celui-ci a évoqué les relations qu’entretient la Russie avec le Hamas. La semaine dernière en effet, une délégation de haut rang de l’organisation, avec à sa tête Khaled Mashal, était à Moscou. « Nous sommes mécontents de vos relations avec le Hamas mais puisqu’elles existent, vous pouvez transmettre des messages à caractère humanitaire. Dites au Hamas qu’ils n’obtiendrons pas de meilleur offre de notre part  », a dit M. Netanyahu au président Medvedev.
L’entretien des deux hommes a duré plus de trois heures et sa première partie a été consacrée principalement au dossier iranien. Selon un haut responsable qui participait à la rencontre, le président russe « a tenu des propos d’une sévérité sans précédent concernant l’Iran  ». Un des principaux sujets évoqués a été la possibilité que la Russie vende à l’Iran des missiles anti-aériens modernes de type S-300. Il s’agit là d’une question qui, déjà sous les gouvernements Sharon et Olmert, faisait régulièrement l’objet de discussions entre Israë l et la Russie. En effet, si l’Iran obtenait ces missiles cela rendrait beaucoup plus difficile une attaque aérienne contre ses sites nucléaires.
Selon un haut fonctionnaire israélien, le président russe a indiqué hier que bien que la vente des missiles à l’Iran ait été conclue, la Russie ne compte pas pour l’heure effectuer la transaction. Toujours selon ce haut fonctionnaire, le président Medvedev a réaffirmé qu’une décision politique a été prise par le gouvernement russe de ne pas mettre en œuvre la vente des missiles et qu’Israë l sera informé de tout changement de position.
Au cours de la conférence de presse qu’il a tenue au terme de sa rencontre avec le président Medvedev, le Premier ministre Netanyahu a déclaré : « J’ai confiance dans ce que m’a dit le président russe à ce sujet. Je sais que la Russie est guidée par des considérations de stabilité régionale et, au terme de mes entretiens avec le président Medvedev, j’en suis plus que jamais convaincu  ».
La prise de sanctions contre l’Iran par le Conseil de sécurité des Nations-Unies a elle aussi été largement évoquée par les deux dirigeants. M. Netanyahu a souligné la nécessité d’imposer à l’Iran des sanctions sévères qui pourraient convaincre le régime iranien de mettre un terme à son programme nucléaire.
« Si on impose aujourd’hui des sanctions, elles doivent être les plus dures possibles, sans quoi cela n’aura pas d’effet  », a dit le Premier ministre au président Medvedev.
« J’ai dit à M. Medvedev qu’il faut des sanctions qui touchent véritablement l’importation en Iran de produits pétroliers raffinés et les exportations iraniennes de pétrole. Le président russe a montré beaucoup de compréhension face aux problèmes qui nous inquiètent concernant l’Iran  », a ajouté M. Netanyahu lors de la conférence de presse.
Autre sujet évoqué au cours de la rencontre : les efforts de relance des pourparlers entre Israë l et l’Autorité palestinienne. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmud Abbas (Abou Mazen), est attendu la semaine prochaine à Moscou, pour sa deuxième visite en un mois. Le Premier ministre Netanyahu a demandé au président Medvedev de faire pression sur Abou Mazen afin que celui-ci accepte de se rasseoir à la table des négociations sans conditions préalables.
M. Netanyahu a ajouté qu’il est prêt à rencontrer Abou Mazen à Moscou, si la Russie parvient à obtenir l’accord ce dernier. « Je suis prêt à venir à toute conférence qui se tiendrait à Moscou. Nous sommes prêts à parler avec tout le monde, mais le problème ce sont les conditions préalables qui nous sont imposées et qui décident du résultat des négociations avant même qu’elles aient débuté. Pourquoi faudrait-il payer pour le droit de négocier avec quelqu’un ? Cela je ne l’accepte pas. C’est absurde et ce n’est pas un processus de paix  », a déclaré le Premier ministre Netanyahu au président Medvedev.