Une nouvelle crise menace les relations déjà explosives entre Jérusalem et Washington : La journaliste Ayala Hasson a révélé hier sur la première chaîne que le ministre de l’Intérieur, Eli Yishaï, est à l’initiative d’une démarche visant à légaliser Beit Yehonathan, cet immeuble situé au cœur du village de Silwan, à Jérusalem-est.
Cette décision d’Eli Yishaï a été prise sans concertation avec le Premier ministre Netanyahu et en une période sensible où, aussi bien à Jérusalem qu’à Washington, on fait tout pour éviter des démarches qui risquent d’éloigner encore plus Abou Mazen de la table des négociations.
Qui plus est, M. Yishaï a décidé de permettre la poursuite de la colonisation juive à Beit Yehonathan et d’aller à l’encontre de la décision de la justice à ce sujet. Le ministre de l’Intérieur à l’intention de transmettre le dossier à la commission régionale d’urbanisme afin qu’elle légalise l’immeuble et permette à ses occupants de continuer à y habiter.
Cette légalisation sera possible uniquement après la démolition des deux étages supérieurs de l’immeuble et parallèlement à la légalisation de maisons construites dans le quartier de manière semblable par des Palestiniens. Rappelons que la semaine dernière encore, le maire de Jérusalem, Nir Barkat, avait promis au procureur général, Moshé Lador, que la municipalité ferait en sorte que soient appliqués tous les ordres de démolition émis à Silwan, dont celui de Beit Yehonathan.
Suite à cette annonce du maire, des inspecteurs de la mairie de Jérusalem se sont rendus hier à Silwan pour y distribuer les ordres de démolition mais, au dernier moment, la distribution a été annulée à la demande de la police. Quelques heures plus tard, Eli Yishaï parvenait à empêcher la mise en œuvre de la mesure.
A présent, on peut supposer que les Américains demanderont au Premier ministre des éclaircissements concernant cette démarche. En effet, Washington a récemment prié Israë l d’éviter toute provocation qui pourrait porter atteinte aux chances de reprise des négociations avec les Palestiniens. « C’est une démarche qui fait le jeu du président de l’Autorité palestinienne Si Abou Mazen refuse de s’asseoir à la table des négociations avec le Premier ministre Netanyahu c’est notamment parce que celui-ci n’a pas ordonné le gel de la construction à Jérusalem  », a déclaré avec colère un haut responsable israélien.
Cette démarche d’Eli Yishaï a mis le bureau du Premier ministre dans l’embarras. Son directeur de la communication, Nir Héfetz, a déclaré : « Il s’agit de procédures légales d’urbanisme qui se déroulent au sein des autorités compétentes à Jérusalem. Le Premier ministre ne s’en occupe pas et n’est pas impliqué dans ces décisions  ». En d’autres termes, Binyamin Netanyahu, attend de voir quel sera le résultat de cette bataille juridique entre, d’une part, Eli Yishaï et Nir Barkat et, de l’autre, Moshé Lador.
Au cabinet d’Eli Yishaï on avoue que la démarche n’a pas été concertée avec le Premier ministre : « C’est une démarche qui est du ressort du ministre de l’Intérieur et qui s’effectue sur la base d’avis rendus par ses conseillers juridiques  ».