« Il faut stopper le mal meurtrier au plus tôt, avant qu’il ne puisse mettre ses projets à exécution. C’est une leçon que doivent assimiler tous les pays éclairés du monde. Nous, le peuple juif, c’est une leçon que nous avons bien comprise  ». C’est ce qu’a déclaré hier le Premier ministre Binyamin Netanyahu lors de la cérémonie qui s’est déroulée hier au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, à l’occasion de la Journée internationale de la mémoire de l’Holocauste.
Quelques heures auparavant, le président Shimon Pérès prenait la parole à la tribune du Bundestag à Berlin pour évoquer la responsabilité des Allemands dans l’extermination des Juifs durant la Seconde guerre mondiale.
Le président Pérès, ont affirmé ses collaborateurs, a écrit lui-même son discours pendant plus d’une semaine. Il l’a débuté en citant les premières phrases de la prière du kaddish et l’audience, au sein de laquelle se trouvaient la chancelière Angela Merkel, le président Horst Köhler et les députés des deux chambres du parlement, se sont levés pendant que le président Pérès lisait la prière. M. Pérès a ensuite évoqué les rescapés de la Shoah qui « peu à peu quittent notre monde, tandis qu’en Allemagne et ailleurs, les auteurs de génocide sont encore parmi nous  ».
« Mesdames et messieurs, je me trouve, en ce jour et en ce lieu, devant vous, vous les dirigeants et les représentants de l’autre Allemagne, une Allemagne démocratique, en tant que représentant de l’Etat des Juifs, l’Etat des rescapés, l’Etat d’Israë l  », a ajouté Shimon Pérès qui a longuement parlé de la responsabilité des nazis dans la persécution et l’extermination des Juifs. Il a aussi évoqué son grand-père, qui a été tué dans l’incendie de la synagogue de Vishneva (aujourd’hui en Biélorussie). Il a ensuite décrit comment l’Etat d’Israë l est né « sur les cendres des victimes  » et comment cette « autre Allemagne  » a aidé l’Etat juif.
« Des menaces d’extermination d’un peuple et d’un pays se font entendre alors que des armes de destruction massive sont développées pour être détenues par des mains instables, un esprit dérangé et une langue qui ne dit pas la vérité  », a ajouté le président Pérès. Terminant son discours par les dernières lignes de l’hymne Hatikva, M. Pérès a ensuite été applaudi pendant de longues minutes.